dimanche 13 avril 2008

Corpus sanus... (3)

Santos est venu me chercher ce soir. Il s'est tenu à distance tandis que je m'habillais. Il regardait ses chaussures. J'ai vacillé en essayant d'enfiler mon jean, je n'arrivais pas à plier mon bras droit et mes mains tremblaient mais lui, il fixait ses putains de pompes et il ne levait pas le petit doigt pour m'aider. J'ai craché :
"Qu'est-ce qu'il y a, elles ont un accroc ?"
Il a bondi :
"Un quoi ? il a demandé".
Dans sa bouche avec son accent espagnol, ça donnait oune coua ? Ridicule ! Comment j'ai pu trouver ça sexy un jour ?
J'ai braillé :
"On dit un ! Un ! C'est pas compliqué quand même, non ? Ça fait 5 ans que tu vis à Paris, t'aurais pas pu intégrer au moins ça ? Non, c'est bien plus sympa d'intégrer de la coke par tous les trous, hein ?"
Il s'est dirigé vers moi, a tendu une main vers mon épaule :
"Né t'énervé pas, Baby, tou es oune peu fatiguée, c'est tout ! Tou verras, tout ira bien."
Je me suis collée contre lui.
"Ok, j'ai susurré, alors vas-y, saute-moi ! Baise-moi, allez, vas-y Baby ! Ça fait longtemps, tu dois en avoir envie, non ?
Ma voix craquait comme le bois entrain de flamber. Il a reculé. Peut-être craignait-il de se brûler, lui aussi :
- Mais on n'a pas lé temps là Baby, lé taxi nous attend !"
Mon rire a ronflé dans ma cage thoracique.
- Mais quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit de si drôle cariña ? C'est vrai, le taxi doit nous attendre, tiens regarde, on le voit d'ici, dit-il en me désignant une tâche blanche devant l'entrée.
- Allez, va ! Va chercher un fauteuil, je ne pourrai jamais marcher jusqu'à ce putain de taxi."
Il s'est élancé hors de la chambre. Sur son front, une goutte de sueur a brillé. J'ai appuyé mes index au creux de mes yeux. Ils sont restés secs. Puis j'ai appelé l'infirmière pour qu'elle m'aide à m'habiller.

Le chauffeur nous a à peine adressé la parole mais je ne cessais de croiser son regard dans le rétroviseur. Au premier feu rouge, il y avait une grande affiche avec une photo de moi pour la campagne Dior. Je serrais un flacon contre mes décolleté comme s'il s'agissait d'un truc sexuel. Ma langue nageait dans un sourire niais.
"Quelle conne ! j'ai lancé en direction du chauffeur.
Il a froncé les sourcils. Son regard ne cessait de naviguer de la photo à mon visage dans le rétroviseur. Je me suis mordu les lèvres sauvagement, j'ai désigné la pub :
"Cette pétasse, là, j'ai jamais pu la blairer. On dirait une pute !"
Il a marmonné. Je n'ai rien compris, j'ai pas cherché à comprendre. Honnêtement j'en avais rien à foutre. Enfin nous nous sommes garés devant ma maison. Santos a voulu lui donner un billet de plus, je le lui ai arraché des mains :
"Garde ça pour ta dose ce soir, chéri, j'ai murmuré.
Le taxi a démarré en trombe. J'ai claqué la porte au nez de Santos, il n'a même pas sonné. Je parierais qu'il a esquissé un sourire en se barrant.

Enfin, j'étais chez moi. Je suis allée chercher mon bonsaï préféré près de la baie vitrée et je me suis assise avec lui sur le canapé. Annette est arrivée avec une orange pressée. Je ne buvais que ça depuis trois mois. Ça et de l'eau, bien sûr. Elle m'a regardée et elle a failli me dire quelque chose d'intime, de chaleureux. Je l'ai deviné à sa façon d'inspirer profondément, de se tordre les mains. J'avais beau paraître en pleine observation de mon Ginkgo, je la voyais du coin de l'œil se dandiner sur ses grosses jambes.
"Bon, ai-je demandé, vous allez restée plantée là longtemps ? Vous avez pas autre chose à foutre ?"
Elle a filé sans prononcer une seule parole.

Cette année, je l'avais taillé en forme de flamme. Il me rappelait une robe de Givenchy que j'avais portée lors de mon premier défilé. Pleine de bouillonnements alambiqués, elle avait l'air pure - oui, je ne vois pas d'autre mot - et simple. Alors qu'elle ne l'était pas du tout. Ouais je sais c'est bateau comme idée. Enfin bref, mon arbre me fait penser à cette robe. Sauf qu'elle était rouge, lui, il est jaune comme le soleil sur les dessins d'enfant. J'ai pressé la pulpe de mes doigts sur ses feuilles veloutées. De son tronc s'élançaient des branches graciles, tortueuses. J'ai souri :
"Tu n'as pas encore perdu tes cheveux, toi. Pourtant l'hiver arrive bientôt ! Tu vois, moi j'ai pris de l'avance... Enfin ce qui compte, hein, c'est pas ça... "
Je l'ai posé sur la table basse. Et j'ai entrepris de gravir les quelques marches qui menaient à ma chambre. Sur le lit, une robe s'étirait. Elle provenait de la dernière collection de Jean-Paul et il n'avait pas oublié que j'en rêvais. Au milieu, une carte dorée proclamait "Bon rétablissement ! JPG" J'ai saisi le tissu soyeux et j'ai sonné Annette.
"Aidez-moi, j'ai ordonné."
Je me suis allongée sur le lit et je me suis laissée déshabiller. Annette a ôté mon jean, mes chaussettes. Je me sentais comme un tout petit enfant, presque heureuse, je m'endormais presque. Puis j'ai compris qu'elle ne savait pas comment s'y prendre pour le tee-shirt alors je me suis assise et j'ai tendu les bras devant moi. Le droit est retombé très vite. J'ai soupiré.

Quand je me suis retrouvée en sous-vêtement, elle a hésité. J'ai annoncé ce qu'elle redoutait :
"Avec cette robe, il va falloir que je me passe de soutif !"
Elle a obéi, malgré sa frayeur, et s'est glissée dans mon dos pour dégrafer le sous-vêtement. La prothèse amovible a roulé sur le sol. J'ai pouffé. Puis je me suis tournée vers Annette, pour qu'elle m'aide à passer la robe. Elle a tenté d'accuser le choc, brave Annette, mais elle a aussitôt mis ses deux mains devant sa bouche pour étouffer des sanglots :
"Oh Mademoiselle ! s'est-elle exclamée, ma pauvre Mademoiselle ! Ce n'est pas juste... Vous qui étiez si...
Je l'ai coupée :
- Allez Annette, aidez-moi, on va pas y passer la nuit !"

C'est ce moment là que ma mère a choisi pour m'appeler. La robe a déboulé sur mes mollets comme une vague de soie tandis que la sonnerie du téléphone grelottait. Le tissu était presque entièrement transparent, sauf sur la poitrine et autour du nombril, où des arabesques brodées étaient censées dissimuler tétons et orifice. Mais ma cicatrice, elle, demeurait bien visible, violacée, boursoufflée, sous les dorures délicates. Et de toutes façons, le tissu, par dessus, pendait benoîtement. Annette m'a tendu le téléphone après avoir échangé les formules d'usage. Elle reniflait encore.

"Allo maman ? j'ai murmuré.
- Comment ça va ma chérie ? s'est-elle enquis poliment.
- Oh très bien maintenant Maman. Je suis tirée d'affaire. Le cancérologue me l'a dit ce matin. La chimio a bien fonctionné, aucune métastase n'a résisté. Enfin, tu sais, il faut quand même attendre cinq ans pour se dire guéri mais il est plus qu'optimiste !
- Tu m'en vois ravie, a-t-elle articulé. Et... Ils ont opéré finalement ?
- Oui, oui. C'est vrai que tu ne m'as pas appelée depuis deux mois, que le temps passe vite ! Bon, ben ils m'ont coupé le sein droit. Ils ont bien nettoyé, m'a dit le chirurgien. Voilà. Mais bon. Tiens c'est drôle mais je n'arrête pas de penser à cette phrase que tu serinais chaque fois que des gens me disaient que j'étais belle, quand j'étais avec toi.
- Quelle phrase ma chérie ? articula-t-elle, craintive.
- Ça te rendait furieuse qu'on dise ça de moi, ouais je me rappelle, ça te foutait dans des rages folles...
-Surveille ton langage ma chérie, ordonna ma mère.
- Ecoute, si mon langage te déplait t'as qu'as aller te faire v... Bon, on s'en fout de mon langage. C'est la phrase qui est importante. Tu ne t'en rappelles pas ? Mais si, allez, tu me le répétais à longueur de temps. Dans ta bouche c'était presque une insulte d'ailleurs.
- Oh ! Mais que...
- Allez, tu donnes ta langue au chat ?
Je pris une voix militaire. Sa voix :
- Ce n'est pas ça qui importe. Ce qui compte, c'est la beauté intérieure ! Alors ça te revient ? Tu ne peux pas avoir oublié ?
- Et bien c'est vrai non ? soupira-t-elle soulagée de s'en tirer à si bon compte.
- Oui oui, oh, j'en suis persuadée. D'ailleurs, quand Karl Lagerfeld va refuser de m'engager pour le prochain défilé c'est ce que je vais lui répondre ! Je vais lui dire "Et ma beauté intérieure ? Hein ? Regardez je suis toute propre à l'intérieur. Plus de tumeur. Plus de métastase. Ma mère me trouve enfin valable !"

J'ai tendu le téléphone à Annette et j'ai descendu les marches jusqu'au salon. Ma mère s'excitait dans le vide. Ses phrases s'écoulaient, étouffées par la distance comme si j'avais pressé un oreiller sur son visage. Le Gingko pointait, radieuse, sa cime vers moi. Je me suis affaissée sur le sofa et je l'ai saisi par le tronc, de mes deux mains. J'ai eu mal en lui ôtant la première feuille, d'une torsion lente. A la dixième, mes larmes s'agrippaient aux branches dénudées avant de chuter sur le tapis de mousse. A la trentième, je souriais, enfin calmée :
"Tu es vivante, c'est ce qui compte, me suis-je promis. Rien d'autre ne compte"

J'ai collé mon nez contre le bonsaï. Il sentait la forêt. Lui, si petit.

Les feuilles que je lui ai laissées forment une couronne dorée. Il la porte crânement.

Illustration : Mark Ryden

39 commentaires:

yelka a dit…

preum's...

et je dirais waouh
je suis sans mot.
ce texte est violent et humain. Méchant, ou plutôt cette jeune femme haineuse mais rempli de cette douleur encore tout juste à vif.
Et c'est pas le personnage le plus facile qu'une star de la mode qui vit ce genre de cancer.. la simple femme lambda aurait-elle ce genre de haine démesurée (si démesurée est-elle).. ?

Didier Goux a dit…

Là, pour le coup, je suis un peu moins enthousiaste que face au précédent. C'est sans doute le sujet qui veut cela (très casse-gueule...), mais il me semble que vous n'avez pas tout à fait évité une certaine complaisance - ce que vous ne faites jamais d'habitude. Et les feuilles du bonsaï arrachées, à la fin, me paraissent d'une symbolique un peu... comment dire ? Appuyée. Ou peut-être attendue.

On retrouve bien sûr toutes vos qualités de style, le choix des mots, cette surface miroitante avec juste ce qu'il faut de stridences soudaines,le "coulé" de la phrase en même temps que sa tension. Mais on ne trouve qu'eux. Et comme vous nous avez prouvé que vous étiez capable de plus et mieux, vous nous devez plus et mieux. Ou, plutôt, vous vous les devez.

(Écrit après une seule lecture. Peut-être un peu trop sévère. Je reviendrai cet après-midi et, le cas échéant, n'hésiterai pas à corriger le tir...)

balmeyer a dit…

C'est quelque chose de brut (comme un diamant brut par exemple), qui sort un peu de ton cadre habituel, à l'opposé d'un bonsaï bien taillé, justement. J'aime beaucoup comment tu explores autre chose, comme tu tentes la fiction pure et dure. Pour les détails, les formalités, on en a parlé (c'est d'un snob, j'adore).

Pour résumer ce que je pense, je retrouve les paroles qu'un critique de cinéma (je crois que c'était à propos de "Las Vegas Parano" de Terry Gilliam)...

Il avait donc dit : "il a signé un vrai film malade", signifiant que le film, moins impeccable d'un point de vue formel, esthétique, portait quelque chose de toxique, d'inesthétique, qui était vraiment intéressant. Il y a quelque chose de ça, je pense.

En tout cas, bravo, fonce, c'est fait pour ça, il faut tout tenter, kamikaze !

Christie a dit…

L'apparence, l'être et l'avoir, vivre ou ne pas vivre. Thèmes difficiles à traiter. Mais tu le racontes bien , tu le "vis " bien et tu nous le fais vivre et sentir comme si nous étions cette jeune femme.
Qui sommes-nous?

Christie a dit…

Cela fait un petit moment que je ne vais plus ire grand monde, une certaine lassitude.
Une certaine façon de voir le monde qui change ou plutôt qui évolue. Boy l'explique d'une certaine façon.
je crois qu'il y des moments de vie, wagons accrochés les uns aux autres avec parfois la logique de l'illogisme car chaque vie à sa propre musique, son propre rythme et ce dernier billet m'y fait penser.Hier, c'était hier avec son accent, aujourd'hui c'est le bal du Nouvel An à vienne et demain sera l'allegorire du "rap", par opposition à tout le reste.
pas de logique et en même temps , une seule logique : vivre sa vie le plus dignement possible au plus proche de soi-même..

Zoridae a dit…

Yelka,

Tu viens de plus en plus tôt ;)

J'ai voulu que ce personnage soit en colère, enragé, violent. Mais pas haineux. Juste furieux. Je crois que je le serais s'il m'arrivait un truc pareil. Au début, j'avais deux billets en tête : un sur quelqu'un qui sort d'une longue maladie. Guéri mais amputé. Et un autre sur une femme qui ne vit que dans le regard des autres. Finalement j'ai mêlé les deux...

Didier,

Ouch !

C'est vraiment génial pour cela le blog, on a des critiques constructives en direct. Merci ! (Je suis sincère).

Bon mais j'ai besoin que vous développiez : que trouvez-vous de casse-gueule dans le sujet : le cancer ?

Pour la complaisance, j'ai eu la même critique (sur une phrase) à la maison mais parlez-vous de complaisance mienne ou de complaisance du personnage ?

A vrai dire je me suis posée des questions en rédigeant ce texte... Je ne me sentais pas totalement à l'aise. Je pense que vous n'avez pas été trop sévère.

(Dommage, j'étais contente de mon idée du bonsaï. et surtout du fait que finalement, elle l'épargne...)

balmeyer a dit…

J'ai effectivement dit que le passage "Santos a voulu lui donner un billet de plus, je le lui ai arraché des mains :
"Garde ça pour ta dose ce soir, chéri, j'ai murmuré."
était de trop dans ce texte.

Trop appuyé, et peut-être pas crédible (le personnage n'est pas passé de mannequin à zonarde de Château-Rouge comme ça du jour au lendemain).

Après, comme je te l'ai dit, ça me dérange de chipoter comme ça, le bout de gras, sur un texte. Comme on dit : "la critique est facile...", etc.

Je sais que tu as confiance en tes commentateurs, mais il faut garder le sens des proportions, tout ce que tu fais, c'est de la balle.

Nef a dit…

Pour une critique construite tu vas devoir attendre Poireau Dorham ou que Didier Goux ne repointe le bout de son nez.

J'en suis bien incapable.
Une critique de lectrice donc : ton texte m'a pris aux tripes (bon ça tu le savais déjà)
Le sujet m'écoeure et pourtant j'ai lu jusqu'au bout, ce qui prouve qu'avec ton talent habituel tu peux faire passer le lecteur à travers tout.

Et je suis assez d'accord avec Goux au sujet du bonzai.

Zoridae a dit…

Balmeyer,

Oui c'est exactement ce que j'ai essayé de faire... Essayer une autre voix, un personnage moins proche de moi... Et puis la colère aussi. Apparemment le résultat est mitigé, tant pis, je réessayerai...
Ça me fait penser à certains de mes élèves (beaucoup en fait) qui me répondent qu'ils ne savent pas se mettre en colère lorsque je leur demande de la mimer. Je trouve cela assez terrifiant !
(Pour le reste, merci)

Zoridae a dit…

Christie 1,

Merci ;) Contente que cela t'ait parlé.

Christie 2,

Il y a des périodes comme ça, bof ce n'est pas bien garve de lire ou de ne pas lire des blogs. Ce qui compte, tu l'as écrit, c'est de s'écouter :)

Balmeyer,

Tu es naïf, il n'y a pas qu'à Chateau-Rouge qu'on se drogue ! Tu devrais lire Hell de Lolita Truc, elle décris très bien ce milieu. J'ai pensé à son livre en écrivant ce texte...

Sinon, tu es trop gentil, et beau et... BIIIIIIIIP !

Nef,

Oh quelle surprise, vous ici ?

J'en suis ravie !

Merci tu fais avancer le Schmilblick ! Je me réjouis que ce texte t'ait plu mais snif, pauvre bonsaï, personne n'en veut !

balmeyer a dit…

Naïf, comme tu y vas ! Oui je sais, les "milieux bourgeois" pas si propre que ça, les apparences, etc... quand j'évoque Château-Rouge, je parle des gens qui n'ont pas de thune pour se payer, ce que suggère (peut-être) le texte ? Non ?

Zoridae a dit…

Balmeyer,

Oh non pas du tout. C'est juste qu'elle n'avait pas envie que le chauffeur ait un pourboire !

Didier Goux a dit…

Le cancer est un sujet casse-gueule, il me semble, dans la mesure où il est plus ou moins facile, l'utilisant, d'apitoyer, d"mouvoir, d'indigner, etc. le lecteur. D'où la tentation, pas forcément consciente, de jouer au moins partiellement de cette facilité. Même chose si vous prenez comme personnage un orphelin, une "séduite et abandonnée" (bon, là, ça date un peu, d'accord...), etc. Plus votre sujet induit d'images, plus vous devez vous défier de ces images.

Pour la complaisance, il s'agit de la vôtre vis-à-vis de votre personnage. On sent un peu trop la pente qui vous pousse (la pente qui pousse : ça c'est de l'image !) à vous mettre de son côté. En réalité, et à la reflexion, il s'agirait peut-être plutôt d'une instrumentalisation : on a le sentiment que vous avez créé un personnage en vue de dire quelque chose et non pour lui-même. Du coup, n'étant pas premier dans le processus de création, ce même personnage se venge en existant moins que ceux que vous créez d'ordinaire. Se sentant manipulé, il rechigne à vivre.

Il me semble aussi que le personnage de Santos n'arrive pas à trouver parfaitement sa place. Vous avez d'ailleurs dû le sentir aussi et c'est pour cela qu'il sort aussi vite de l'histoire : on vous sent comme pressé de vous en défaire.

Vous étiez contente de votre idée de bonsaï ? Raison de plus pour vous en méfier ! Cela dit, dans sa trop lourde charge symbolique, elle est "raccord" avec les faiblesses du personnage, que j'ai sommairement, et sans doute maladroitement, tenté de préciser plus haut.

Cela étant, vous avez raison de vouloir explorer des pistes nouvelles. Sentant le côté "expérimental" de ce texte, j'ai d'ailleurs failli me cantonner dans un silence de bon aloi, faire celui qui n'avait pas eu le temps de venir lire. Puis, je me suis dit que ce ne serait pas digne, ni de vous, ni de moi. Et que vaudraient mes (nos) louanges, si elles n'étaient pas, de loin en loin, contre-balancées par un peu de critiques ?

Nefisa : On dit M. Goux ou alors Didier Goux, mais certainement pas Goux tout court. Sale gosse !

Didier Goux a dit…

Nef : Didier tout seul est également parfaitement recevable...

Nef a dit…

Monsieur Didier Goux : c'était parfaitement involontaire, un misérable oubli de ma part, une erreur d'inattention qui ne se reproduira plus jamais, que puis-je faire pour me faire pardonner ?(tout en restant dans les limites de la décence, est-ce necessaire de le préciser?)

Didier Goux a dit…

Mademoiselle Nefisa : ce qui deviendrait impardonnable, en votre bel âge, serait précisément de vous cantonner aux limites de la décence...


Le temps s'en va, le temps s'en va Madame
Las le temps ! non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame.
Le temps s'en va, le temps s'en va Madame

Je vous envoie un bouquet, que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanouies ;
Qui ne les eût à ces vêpres cueillies,
Chutes à terre elles fussent demain.

Le temps s'en va, le temps s'en va Madame
Las le temps ! non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame.
Le temps s'en va, le temps s'en va Madame

Ceci vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,
En peu de temps cherront toutes flétries,
Et, comme fleurs, périront tout soudain.

Le temps s'en va, le temps s'en va Madame
Las le temps ! non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame.
Le temps s'en va, le temps s'en va Madame.

Pierre Ronsard

Nef a dit…

Didier Goux : ah vous saviez pas, je pensais que Zoridae vous l'avait dit : en vrai je suis un homme et j'ai 73 ans.

Didier Goux a dit…

Nef : ça marche pareil ! Ronsard est un poète multifonctions, idéal dans une cuisine de célibataire...

Anonyme a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Anonyme a dit…

Superbe....J'ai aimé. Au final, même si je suis moche, le plus important est que je sois vivante. Je pense que c'est ce que ressente les femmes vieillissantes aussi:)
Etre belle, etre belle ;.et ne plus l'être un jour.
J'ai vraiment aimé ton analyse..et cette colère pas vulgaire. Sublime.
Isabelle

Audine a dit…

Je suis de l'avis de monsieur Didier Goux.
Je serai même un tantinet plus sévère : trop de pathos, pas assez d'épure, trop de clichés.
On passe d'une femme idéal de beauté, encore présente sur les murs de la ville comme modèle féminin, à qui on offre une robe de collection haute couture, à, brutalement, une femme chauve, à qui il manque un sein, qui ne peut quasiment pas bouger, qui fréquente un type qui se drogue, et massacre les bonsais cruellement. Vu l'état où elle est, il ne me parait pas vraissemblable qu'elle ait encore une vie sociale, ni même un travail si récent.
Mais Zoridae, en revanche, ce que j'aime, c'est cette exploration du rapport au corps.
Je préfère la légèreté qui cache la douleur, le ton doux amer, la dureté extrème, le dépouillement. Des choses comme ça, mais c'est personnel.
Circonstance atténuante : très compliqué de trouver un angle par rapport au cancer.
J'espère que je ne te démoralise pas ! C'est juste pour expliquer !
J'attends avec impatience la suite de cette série sur le corps !

balmeyer a dit…

...Zoridae... mais... ne pleure pas comme ça... c'est juste... un blog... ben oui les gens sont sévères... mais non, repose ces médicaments... ne fais pas de bêtise... tiens, on va aller chercher cette bouteille de Vodka que tu as cachée pour nous remonter le mo... non, ce n'est pas un prétexte... comment ça ? Poivrot ?

Zoridae a dit…

Merci à tous pour vos critiques très constructives. Désolée de ne pas y avoir répondu hier mais je me suis couché avec les poules et je n'en ai pas eu le temps.

Didier,

Merci pour vos critiques très riches et très constructives. Je vais y réfléchir. Le cancer est quelque chose dont je veux parler parce qu'il a touché des êtres très proches.

J'aime beaucoup ce que vous dotes des personnages qui rechignent à vivre et suis certaine que cette idée va m'accompagner longtemps.

Vous avez raison de me dire ce que vous vous avez ressenti, oui. Je n'en attendais pas moins de vous et je suis très flattée de bénéficier des conseils d'un homme d'expérience...

PS : Arrêtez de draguer Nef sur mon blog. Le coup du poème Ronsard, en plus, c'est d'un convenu !

Nefisa,

Heureusement qu'en plus, je ne lui ai pas parlé de ton petit tic avec la langue !

Boby,

OK, j'ai fait comme vous avez voulu...

Isabelle,

Merci ma belle :)))

Audine,

Arg ! Tu m'achèves.

Bon, en revanche, je ne suis pas d'accord avec tous tes arguments, même si Didier m'a convaincue sur le principal. Le cancer frappe en douce et on le découvre parfois soudainement : il faut alors agir dans l'urgence. J'ai connu des personnes qui du jour au lendemain changeait de vie pour se faire opérer puis soigner. Donc oui, on peut avoir une vie sociale un jour et se retrouver face à la maladie le lendemain. ça doit arriver même aux icônes de beauté. Et j'ai tenté de montrer justement qu'elle se retirait : elle chasse son amant maladroit et boit du jus d'orange.

Mais j'accepte que tu vois des clichés dans ce récit, qu'il ne te convainque pas... Merci de me donner ton avis !

De même tous les effets de la maladie (et de ses traitements) que j'ai décrit, je les ai constaté de mes propres yeux.

Balmeyer,

J'ai fini la bouteille de vodka hier matin à 10h55 après avoir reçu la première critique de Mr Goux...

(SMILEY ! SMILEY !)

yelka a dit…

Je me suis permise de lire quelques uns des commentaires...
Et j'ai lu.. Hell de Lolita Pill je crois. Je l'ai lu.
Bon on en pense ce qu'on voudra, mais le personnage que tu as élaboré m'a fait effectivement penser à cette Hell du livre. Un peu dédaigneuse, un peu scandaleuse, en colère contre la vie... simplement pas de la même manière, pas sur les mêmes sujets cela va de soi.
Mais j'avouerai que des traits se rapprochent...
J'ai employé le mot haineux car elle semblait en vouloir au monde entier, comme bien souvent quand on est dans une profonde colère, quand on est mal et déstabilisé... Haineux car elle renvoie à se mère ses phrases si anodines qui ne le sont tellement pas... genre "et maintenant tu crois que sans cette beauté je vais être quoi ?"
Elle cherche à mettre des claques...
C'est le genre de personnage qui me turlupine bien et qui a tendance à me titiller sérieusement sur le plan psycho-sociologique. ^^

Dorham a dit…

Bon me voilà. réglons premièrement la question du bonzai. J'aime beaucoup les images directes en ce qui me concerne. J'aime aussi les alambiquées mais les directes ont le mérite de la clarté. ça peut donner à un texte l'allure d'un conte ; et j'aime beaucoup cela les contes, leur structure un peu codifiée, leur charme désuet.

Du coup, ça tranche légèrement avec le style un peu brutal que tu as choisi. Je trouve cela plutôt habile.

Quand Didier parle de complaisance, je ne suis pas d'accord, et quand il dit que l'on retrouve ton style non plus. C'est comme si tu avais voulu mettre de la testostérone. ce qui est bien chez toi, c'est que tu peux claquer des portes avec les mots sans imager, ton rythme permet toujours de donner le la.
C'est en ça que tu es forte.

Le sujet est sans doute casse gueule mais, à la limite, il n'est casse gueule que pour les nazes et comme tu n'es pas une naze, que ton approche n'est pas larmoyante, je trouve que tu passes cet écueil là.

Mon sentiment, c'est que tu as voulu tordre ton style pour le faire rentrer dans une humeur et tu ne le fais jamais ça. C'est la première fois que je le remarque.

C'est très compliqué de faire onduler le style pour le rendre claquant, apprivoiser l'injure, la grossièreté, c'est très complexe. Et c'est là que ça pêche à mon sens. Tu n'as peut-être pas assez cru à ton histoire, il lui manque des écorchures, de la noirceur...
Tu aurais dû aller plus loin...tu t'es trop retenue...

à mon sens...

Dorham a dit…

Mon Dieu, j'ai fait disparaître Zoridae...
:-) Félicitations, pour cette interview :-)))

La prochaine fois, demande à ce que ce soit moi qui t'interviewe, j'irais au fond des choses, par exemple, est-ce que les araignées ont un sexe...

Bon allez, j'entame une série aussi (tu veux que je te prévienne de tout ce que je publie alors je m'éxécute ; elle risque d'être longue, faudra suivre...)
(rien à voir avec mon billet raté d'aujourd'hui, ce sera en ligne demain...

Zoridae a dit…

Yelka,

Merci d'être revenue commenter une autre fois. Tu as tout à fait le droit de lire les autres puisque tout cela est public... La rage de
la jeune femme de mon texte je l'ai ressentie, en deuil. J'ai imaginé qu'être amputé d'une partie de son corps, de sa beauté pouvait être aussi douloureux que de perdre un être cher. Au moins au début.

Enfin, il est agréable d'entendre qu'un personnage titille ou turlupine un lecteur alors merci de le dire :)))

Dorham,

Tu t'es fais attendre filou !(smiley !)

Oh que vos commentaires à tous me font cogiter ! Merci !

Mon bonsaï imaginaire est soulagé car finalement tu l'auras sauvé in extremis d'une fin de vie à la décharge publique... Trève de plaisanteries : lorsque tu écris que j'ai voulu "tordre (m)on style pour le faire rentrer dans une humeur" tu tombes tellement juste ! C'est exactement cela que j'ai eu comme intention et ça n'a pas été facile de renoncer à ce que je connaissais... Toutefois, en le relisant, j'ai aperçu, ça et là, quelques petites touches familières...

Si je comprends bien tu trouves les injures superficielles, pas assez senties c'est cela ?

*****

Maintenant j'ai très envie de réécrire ce texte complètement différemment. Peut-être le ferais-je, peut-être pas mais je suis étonnée du débat riche que ce billet a suscité.

Dorham 2,

Merci ! Oui, en fait c'était assez frustrant. Le journaliste m'avait précisé juste avant qu'il n'avait pas eu le temps de lire mon blog. Je lui ai expliqué ce que c'était et il n'a pas écouté puisque sa première question a été "Alors vous écrivez une histoire de la sexualité des araignées, c'est bien ça ?"...Puis, bien sûr, nous avons parlé pendant 5 minutes et on doit m'entendre une minute sur le résultat final. Alors d'accord, la prochaine interview ce sera toi :))

(Je n'ai pas lu ton billet d'aujourd'hui... Pas le temps !) Je me réjouis de la nouvelle série. Merci de m'avoir prévenue, Gunther est soulagé, il n'avait pas envie de ressortir ce soir !)

balmeyer a dit…

Dorham : billet raté d'aujourd'hui ? Tu rigoles ? Limpide, non, mais raté, non plus.

Zoridae : un truc que j'ai oublié de mentionner (même de vive voix), c'est la fin. Le billet est sinistre, dur, mais en fait la guérison est là. Ici, c'est la cette "bonne nouvelle" qui se dessine, en fin de compte, en arrière plan. C'est un petit détail qui m'a bien plu, qui est très fin.

Nef a dit…

ah ca y est , je peux le mettre, sans avoir l'air d'être un cheveu sur la soupe, merci Balm, et vive le reconstruction mammaire !

Dorham a dit…

Zoridae,

non, ce n'est pas qu'elles sonnent creux, enfin...comment dire, c'est qu'elles ne coulent pas dans le récit.
Elles n'ont pas la force de la colère que tu aurais voulu leur imputer. Du coup, elles ne sont pas superficielles mais purement formelles.
Pourtant, au début, avec ce Santos, ça fonctionne plutôt pas mal ; on a l'impression d'assister à un dialogue un peu renversé, l'absent et le bulldozer si tu préfères, mais ensuite cette colère fonctionne comme sur des roulements à bille.

Ce que je veux dire, c'est que les insultes ne sont pas la colère, elles n'en sont que la manifestation et donc, si elles viennent en appui du texte, on peut s'en servir pour donner du rythme, écrire-parler (la jeune Barbara publiée par Fil fait ça très bien), offrir un ton, mais elles ne peuvent pas supporter tout le récit ; sans quoi, c'est de la colère de pacotille, du sur-jeu...
Tordre le style, c'est compliqué (c'est pour ça que je parle de billet raté même si B n'est pas d'accord, mais il est trop bon avec moi...), ça demande un engagement, un travail approfondi, une volonté d'en découdre avec soi.

Tu as raison quand tu dis que l'on retrouve par moments tes traits. Il ne faut pas trop combattre son style, parce que beaucoup de gens qui écrivent n'en ont pas. Tout le monde peut raconter des histoires, disait Céline, mais le style, le style, c'est autre chose et quand on le tient complètement, on a un trésor entre ses doigts ; après le risque, c'est de faire du sous-soi, mais dans ce cas là, même du sous-soi, c'est mieux que n'importe quelle merde publiée de nos jours (voir "L'élégance du Hérisson", qui a cartonné en librairie)...

Dorham,
trop long, comme toujours...

anne a dit…

j'ai lu avec bcp de curiosité les critiques de ce texte...ça me fait souvent marrer ceux qui distribuent coups de baguettes et bons points...hum...je serais tentée de dire : affranchissez vous aussi des bons conseilleurs parfois....
c'est aussi dangereux pour votre écriture de ne pas porter attention à ce que l'on peut en penser que de trop y prêter attention, tant sur le fond que sur la forme

et puis lorsque je lis cela d'une de vos lectrices :
"Vu l'état où elle est, il ne me parait pas vraisemblable qu'elle ait encore une vie sociale, ni même un travail si récent" ... alors là ça me fait marrer encore plus , la façon dont les gens ont une idée souvent stéréotypée des choses de la vie .

parce que....puis-je affirmer que si ? c'est vraisemblable et même assez ...banal...on ne nage pas forcément dans l e pathos lorsqu'on a un cancer, même si on est en colère , souvent...
sortie à peine de l'hosto avec un sein en moins, remplacé par une petite prothèse, en pleine chimio et radiotherapie, on a encore une vie sociale, on bosse, on sort, même parfois sans perruque, on rit,et on ose un décolleté, on peut même baiser pour peu que l'homme qui partage la vie de la petite amazone ne soit pas un mono maniaque de la paire...
mais on pense aussi : merde... est-ce que je peux faire bander encore un autre homme ?
mais ce n'est pas larmoyant.

balmeyer a dit…

Anne, un certain climat de confiance permet que ces échanges ne soient pas ridicules. Il me semble, venant de la part de Dorham ou Didier Goux (ceux que je connais le mieux), qu'il y a extrêmement de bienveillance dans leurs remarques, ils ont sorti suffisamment de phrases élogieuses auparavant pour se permettre des réserves...

J'ai pu voir (chez le blogueur Ploum je crois) le phénomène de commentateurs totalement médiocres en train de chipoter sur ci sur ça après chaque billet, c'était abominable... mais je n'ai pas ce sentiment ici.

anne a dit…

@ balmayer

attention, je n'étais pas si ironique en faisant cette remarque, et je n'ai pas dit que c'était ridicule.
sorry si cela a pu paraitre ainsi. j'étais plutôt fascinée sur cette capacité que les gens ont à critiquer plutôt que de se laisser aller au plaisir de la lecture qui ne nécessite pas tjs une analyse chirurgicale.
simplement, même en toute bienveillance, il me semble qu'il est tjs délicat de juger un travail d'écriture : je me demande tjs comment celui qui juge peut se prévaloir de posséder légitimement des outils de jugement . Déjà , je suis tjs dubitative sur les critiques littéraires professionnelles en général...
il me semble que le travail d'écriture est avant tout un travail solitaire .
Soumettre en plein cheminement créatif chaque mot, chaque phrase, l'inspiration, le choix du sujet, la forme, le fond à une critique systématique est à mon sens...un non sens, et peut totalement déstabiliser et tuer l'élan créatif de l'auteur.

je ne dis pas que l'auteur ne doive pas accepter les critiques, parfois constructives, parfois nécessaires, mais il me semble aussi que le charme de ce blog était avant tout les textes tels que son hôtesse nous les donnait à lire, avec toute leur authenticité et leur spontanéité.
si maintenant ,ses productions sont fonctions de ses lecteurs critiques - et même bienveillants, ce qui d'ailleurs est tangible ici - c'est dommage....

mais pour ce qui est de la remarque qui m'a le plus étonnée c'est quand bien même ce doute sur le fait que le personnage n'était pas vraisemblable dans la façon dont elle vivait son cancer...sorry, là on touche à la réalité de la vie...
(toutefois je n'ai pas dit que c'était ridicule, mais tout simplement erroné)

mais peut etre l'auteur de ce blog recherche t-elle après tout cette critique (positive ou négative) systématique, peut-être ce blog est-il un laboratoire d'écriture, et que je ne l'ai pas compris ainsi

ceci dit Balmayer :)) moi ce que j'aime bien sur le balmayer blog, c'est la lecture de vos textes, que je lis régulièrement, sans aucune possibilité de commenter

Zoridae a dit…

Anne, bienvenue ici et merci beaucoup pour vos commentaires personnels et forts.

En fait, il se trouve que c'est quasiment la première fois que l'une de mes textes suscite autant d'analyse et de critiques. Didier Goux que je commence à connaître a émis quelques réserves suite auxquelles j'ai sollicité l'avis de Balmeyer, Dorham et Nefisa que j'estime comme auteurs et critiques et en qui j'ai confiance.

Il m'a plu que le débat rebondisse et que la discussion soit profonde, animée. Je crois qu'Audine, au sujet du cancer, a parlé un peu vite. J'ai connu plusieurs personnes qui ont eu cette maladie et je savais que les mots que j'écrivais étaient juste. Il y a aussi un film magnifique sur le cancer du sein "Haut les coeurs" incarné par une Karin Viard bouleversante qui me hantait un peu aussi...

Mais les réserves sur le langage ordurier, la symbolique du bonsaï, le manque d'incarnation du personnage, je les ai acceptées et elles me font réfléchir. Ce matin, je me suis fait moi même la réflexion que tout ceci ressemblait à un atelier d'écriture. Mais je vous assure, je l'ai bien voulu.

Quant à ma liberté, ne vous inquiétez pas. Je suis capable de ruer dans les remparts des conseils. J'essaye de me soucier bien peu de ce que mon entourage pense même si -bien sûr - je suis heureuse lorsque je suis complimentée. Sinon, je me censurerais sans arrêt... J'ai besoin d'écrire, rien ne m'arrêtera, je vous le promets !

Audine a dit…

Tiens je n'avais pas vu le commentaire d'Anne.

Je voulais juste dire, qu'à mon âge quasi vénérable (on a le droit de dire mais non mais non), ça fait un paquet d'années que je vois défiler les cancers du sein au bureau.
Avec les enterrements d'ailleurs.
Et aussi certes, les retours.
Au mieux, au bout d'un an, à mi temps, pour un travail de bureau.

Alors une mannequin star encore sur le mur de la ville et qui parallèlement suit un traitement, a perdu ses cheveux (on est souvent pas trop en forme, pendant les périodes où on perd ses cheveux) et a du mal à lever le bras ...
Désolée, je persiste à avoir du mal à croire ce qui est décrit et notamment qu'elle travaille encore, surtout que son travail est très physique et dépend de sa beauté.

Quant à la censure d'une critique, bah, le seul regret que j'ai, c'est (trop tard) d'avoir peut être blessé Zoridae (qui me semble tout de même s'en être remise).

Certains textes de Zoridae sont des petits bijoux aigres doux, et surtout, d'empathie pour des personnages totalement autres, comment dire ? éloignés d'elle. C'est très "sensible" comme écriture. J'ai une grande admiration par exemple (mais ça n'est pas le seul) pour le texte précédent, sur l'obésité.

Quelles compétences pour critiquer ? bah, pas plus, pas moins que n'importe quel lecteur un peu accro.
Et si Zoridae en avait la demande implicite, je ne ferais que des "critiques" louangeuses.
Il ne me semble pas que ce soit le cas.

Zoridae a dit…

Audine,

Mais tu ne m'as pas du tout blessée ! Tu as le droit d'émettre un avis négatif... Il n'y a aucun problème. Je suis contente que tu l'aies fait.

Je comprends mieux grâce à ce deuxième commentaire d'où vient la méprise : je n'ai jamais écrit que la jeune femme travaillait encore ! Elle a arrêté il y a peu de temps (les campagnes de publicité, surtout pour les parfums restent assez longtemps à l'affiche avec un même visage...) mais il est évident que c'est fini, du moins pour l'instant.

La robe elle la reçoit comme cadeau, mais il est évident qu'elle ne va pas sortir avec !

Enfin, ce n'est pas grave, si tu as mal compris cela, c'est sans doute que ce n'était pas très clair...

Merci (également) pour ce que tu dis du précédent texte :)

anne a dit…

@ Audine :
ce que je voulais dire du jugement que vous avez sur la vraisemblance du personnage atteinte d'un cancer c'est justement que c'est uniquement votre point de vue d'après ce que vous pouvez voir, vous, autour de vous : une partie donc de la réalité.(ou même de ce que vous auriez pu vivre personnellement)
Dans ces choses là de la vie, qui touchent à la maladie, à la douleur, aux blessures de la chair et de l'âme, il n'y pas une réalité, mais DES réalités, et quasiment aucune invraisemblance.
Parce que les femmes et les hommes vivent tous différemment leur flirts avec la mort.
Ce que vous trouvez,vous, invraisemblable est pour moi une réalité.
Du coup, à vous lire, je lis que ma réalité n'est pas vraisemblable ! (puisque vous généralisez en parlant d'invraisemblance et que vous l'explicitez , le verbalisez,dans votre commentaire initial)
lorsqu'on ferraille avec la mort, quand on décide justement que c'est en l'ignorant superbement et en ne lui laissant aucune emprise supplémentaire et qu'on en sort temporairement vainqueur, c'est cela sa propre réalité, on a comme un vertige de lire que c'est invraisemblable, on se met alors en une seconde à douter d'être soi-même vraisemblable, ça fait vaciller ce doute sur la vraisemblance de cette existence, on a presque envie de regarder la cicatrice, la prothèse, les feuilles de paie prouvant la présence ininterrompue sur le lieu de travail , les analyses disant que tout va bien,etc...c'est bien vraisemblable tout ça ?
c'est juste cela que je voulais exprimer, cette réserve sur le bien fondé d'une critique sur la vraisemblance des choses.
la perception de votre réalité n'est pas la mienne...;))

balmeyer a dit…

@anne (avec retard !)

Rassurez-vous, je ne disais pas que vous trouviez les commentaires ridicules, c'est moi qui ai ressenti ça sur certains blogs (mais c'est c'est rare quand même). De toute façon, allez-y, c'est bon pour un blog une conversation de ce genre, où les gens échangent leurs point de vue.

Mon commentaire est absolument nul, ça se voit que je n'ai pas tapé une lettre depuis QUATRE JOURS !

Quant à moi, mes commentaires sont coupés temporairement, le temps d'une petite série en forme de pause.

Après, on passera à autre chose de différent...

Nicolas a dit…

Bon ! Je suis en retard de lecture. Et de conneries...

"Personne ne remarquera qu'il m'arrive de transpirer si fort"

Si. J'ai remarqué l'odeur.