vendredi 17 octobre 2008

Toi aussi, travaille ton gérondif avec Didier Goux !

Didier Goux semble avoir oublié son gérondif !


Ayant pondu hier une phrase que certains ont trouvé amputée d'un verbe, d'autres d'une proposition, d'autres encore de mains, de logique, d'ouverture, de bières, de contorsions, de hérissons, d'aventures, d'amour, que sais-je encore, il s'est obstiné jusqu'au petit matin.

Toi aussi tu aimes les belles phrases, avec ou sans gérondif, alors aide-le à trouver une meilleure formulation.

Voici l'objet incriminé :

« Bref, nous nous servons un verre (les adultes assommés), et entrouvrant la porte-fenêtre du salon, afin de pouvoir fumer en toute bonne conscience - ce que nous faisons illico »

mercredi 15 octobre 2008

Thérèse

"J'aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces... Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m'empêchera d'être heureuse..."

Jean Anouilh, Le sauvage, Acte III.

lundi 13 octobre 2008

Famille

La tête renversée, à gorge déployée, elle râle, grogne et braille, étalant son goitre, secouant sa poitrine avachie, à mi-chemin entre la femme et la truie. Parmi les syllabes indistinctes, les cris gutturaux, trois mots se détachent, qu'elle répète avec plus ou moins de précision, laissez-moi tranquille, laissez-moi tranquille, en boucle.

Dans son sillage, un gamin de treize ou quatorze ans, harnaché à son cartable, alors qu'il est bientôt minuit, caparaçonné dans un parka trop grand pour lui, la soutient lorsqu'elle s'écroule sur le capot d'une voiture stationnée, la précède lorsqu'elle traverse un groupe, et s'agrippe à elle en sanglotant. Le père suit d'un peu plus loin, la tête haute, la lippe baveuse des insultes qu'il éructe. De temps en temps, poussé par une haine qu'il ne contrôle plus, il presse le pas et assène sur la tête grasse de sa compagne une ou deux baffes bien sonores. Aussitôt le petit groupe se met à hurler : la mère demande encore une fois qu'on la laisse ; l'enfant jure qu'il ne le fera jamais ; le père promet qu'elle crèvera seule.

Ils ballotent d'un bord à l'autre d'une trottoir selon que la mère échoue contre le mur ou s'écroule sur un véhicule. Le père ordonne au fils de rentrer, de laisser sa mère indigne cuver dans la rue. Le fils refuse et sanglote dans le giron de son ivrogne de mère. Ce sont des pleurs de petit garçon, il hoquète, tremble et supplie, serrant le corps flasque contre lui. Il niche son visage là où il peut et cela m'évoque, quelques instants, la quête du nouveau-né lorsqu'il a besoin de lait.

Allongée sur le capot d'une petite voiture, la mère le repousse avec vigueur et finit par le battre aussi. Des deux mains elle le frappe sans le faire reculer. Il veut la relever, petit d'homme dépouillé de son enfance, il rabat sur les cuisses violacées, énormes, la jupe plissée bleu-marine. Il s'obstine et baisse la tête pour moins sentir les coups.

Un groupe de fumeurs, aux portes d'un bistro, regarde la scène avec nonchalance, s'approche d'un pas juste au cas où il y aurait du spectacle. Un homme rit. Alors le père s'élance de nouveau ; il tape la mère, sur la tête, de son poing il boxe le visage débile, du genou il heurte le ventre mou. Une femme hurle. Un homme tente de s'interposer et recule devant la fureur du père. La mère et le fils pleurent dans les bras l'un de l'autre, il pleure pour elle tandis qu'elle ne pleure que sur elle.

Ronflant, grognant, la voix cassée, elle balbutie Me tape pas, me tape pas. Le fils promet, croyant peut-être qu'elle s'en soucie, Je te laisse pas Maman, je te laisserai pas. Le père ne sait plus ce qu'il dit.

La famille s'ébranle enfin, traverse le groupe de spectateurs, qui s'écartent silencieusement.

Lentement, elle arrive au coin de la rue et tourne pour rejoindre le boulevard. On entend encore, longtemps après leur disparition les pleurs du fils...

vendredi 10 octobre 2008

Faire feu de tout bois

[Cette semaine j'ai joué ; je ne savais pas que je m'amuserais autant. Sous la direction d'une comédienne, metteur en scène et auteur de théâtre d'une générosité surprenante, Joëlle Rouland, avec des bibliothécaires, des éducateurs spécialisés, des puéricultrices, j'ai improvisé, chanté, ri, pleuré, bégayé, boité, tremblé... Et j'ai écrit.

A chaque fois nous disposions de quelques minutes et de consignes précises. Pas de magie, pas de sorcières, pas d'animaux parlant.

Pour le texte qui va suivre, la consigne était : "Ça commenc
e par "il était une fois"", il doit y avoir de l'amour, de la poésie, ça se termine bien."

Ensuite, Joëlle nous a attribué à chacun un héros : "un bol, un parapluie, une brosse à dents, un vélo, une porte, une chaussette, un pyjama. Nous avons disposé d'une dizaine de minutes : c'est donc sans prétention aucune.

Si vous êtes inspirés, n'hésitez pas !]

Il était une fois, une porte fermée à double tour. D'un côté et de l'autre, un homme et une femme qui ne se parlaient plus, vaquaient.

"Si la porte s'ouvrait, pensait la femme de temps en temps, je pourrais regarder dans la rue, par la fenêtre du salon. J'aimais bien regarder dans la rue, par la fenêtre, avant..."

Alors, elle allait coller son oreille gauche contre la porte et grattait le bois, un tout petit peu, du bout d'un ongle.

La porte, ravie, se trémoussait : elle adorait qu'on la gratte et c'est pour cela qu'elle restait fermée.

"Si la porte s'ouvrait, pensait parfois l'homme, je pourrais me faire un café, dans la cuisine. J'aimais bien boire du café, avant."

Alors il allait coller son oreille droite contre la porte et, du plat de la main, il caressait un panneau de la porte, tout doucement.

Celle-ci, enchantée, grinçait : elle adorait les caresses et c'est pour cela qu'elle restait fermée.

Soudain, la femme perçut le chuchotement des caresses de l'homme sur la porte. Elle cessa de gratter.

Au même moment, l'homme avait entendu le grattement de l'ongle de la femme sur la porte et il avait interrompu ses caresses.

Furieuse d'être délaissée, la porte sortit de ses gonds et se brisa sur le sol. L'homme et la femme s'embrassèrent au dessus des débris :

"Et si nous faisions un feu de cette porte ? proposa l'homme.
- Oh oui, s'écria la femme, un vrai feu de joie !"

Illustration : Wilmer Murillo The Messenger of Love is old and tired

mercredi 8 octobre 2008

Nef est géniale

Voici ce qu'elle vient de poster en commentaire du billet de Didier Goux :

"Je viens de trouver une différence entre un blog et un livre.
Un livre, même en écrivant tout petit, il n'y aurait jamais assez de place pour coller autant de commentaires à la fin."

mardi 7 octobre 2008

SPLENDEURS ET MISÈRES DES BLOGUEURS

[Contribution de Didier Goux]

SPLENDEURS ET MISÈRES DES BLOGUEURS

Ou Nous sommes tous des déshonorés de Balzac


L’écran du blogueur n’est pas la page blanche de l’écrivain. La page de l’écrivain est vierge et vide à la fois, même lorsque l’écrivain travaille sur ordinateur. Alors que, derrière l’écran du blogueur, parfois même dedans, ça grouille, ça se contorsionne, ça ricane ; parfois aussi ça encourage, ça flatte, ça louange ; il arrive même que ça sourie. Bref, il y a du monde, et c’est ce qui fait qu’un blogueur ne peut être écrivain, alors qu’un écrivain peut parfaitement tenir un blog si cela lui chante ; c’est injuste, mais c’est ainsi.

L’écrivain est seul, c’est ce qui fait sa grandeur, et aussi ce qui, le plus souvent, le précipite aux enfers de l’impuissance. Il est à la fois le juge unique et l’unique condamné ; il prononce la peine et l’exécute d’un même mouvement ; dans la salle d’audience déserte, il se dédouble afin de pouvoir simultanément occuper le box et siéger au bureau des juges.

Pendant ce temps, l’homme-au-blog est au centre de la piste et fait claquer le fouet du dompteur pour impressionner les adultes, affublé d’un nez rouge dans l’espoir de rameuter aussi leurs enfants ; il est en représentation. La solitude indispensable à l’écrivain, constitutive de lui-même, il l’ignore, la craint, la repousse. Le blogueur veut la foule, et surtout une foule en quelque sorte divisée contre elle-même, tel le Satan des Évangiles. Car les silhouettes sans visage qui parsèment les gradins du cirque sont ses commentateurs toujours prêts à se plier docilement à la louange ou à l’invective selon la demande qui leur est faite par le dompteur ; mais ils sont aussi des blogueurs concurrents.

Si bien que, dans un même mouvement, ils font offrande à l’homme-au-blog d’un nouveau public, tout en cherchant insidieusement à lui siphonner celui qu’il a déjà et qu’il pense avoir définitivement conquis. Ils sont ses « modèles-obstacles », au sens que René Girard donne à cette expression, ceux qui l’exhortent à se prendre pour un écrivain, et l’empêchent par là même de le devenir jamais. Double bind.

L’homme-au-blog, tournant sans fin autour de la piste, deviendra peut-être un fort habile jongleur ; s’il met assez bas le prix du ticket d’accès, il fera sans doute chapiteau comble tous les soirs. Il y aura des ris et des clameurs d’enthousiasme sous la toile, des rafales d’applaudissements et quelques huées.

Mais il ne sera jamais écrivain, même s’il devient imbattable dans l’art d’en enfiler le costume avec drôlerie et célérité. L’écrivain est condamné à avoir au moins du talent et à le découvrir seul ; l’homme-au-blog a choisi d’avoir un public : pour en assurer la pitance journalière, il ne peut rien d’autre que bidouiller de petits sketchs plus ou moins scintillants, pour faire épanouir la rate du vulgaire. Et plus il jouera à l’écrivain, plus son nez rouge se verra, grossissant comme s’allonge celui de Pinocchio, et pour la même raison exactement.

La solitude sans faille de l’écrivain risque fort de l’abattre avant terme ; la cour de l’homme-au-blog le condamne à une représentation sans fin, au cirque éternel. Et le ver rongera sa peau comme un remords.

vendredi 3 octobre 2008

Mères

Dans le lieu d'accueil de la Goutte d'Or, elles arrivent ; un sac au creux du bras, elles poussent la porte avec leur dos, engouffrent la poussette dans l'ouverture, attrapent un enfant tenté de s'enfuir, pour rire. Elles se redressent, ordonnent vaguement leurs cheveux, marmonnent une réponse inaudible au Bonjour solennel de l'animatrice puis se penchent, aussitôt, pour détacher l'enfant dans son siège, lui retirer ses vêtements, un chapeau, une tétine, un bout de pain mâchonné. Elles le redressent, lui débarbouillent le visage du bout des doigts, le mouchent, baisent une de ses joues parfaitement douce.

Alors, une main dans le dos comme si le souvenir d'avoir porté cet enfant les épuisait encore, elles le regardent s'élancer vers les jeux de sa démarche de marionnette, de créature cinétique. Fières, elles lui laissent de l'avance, l'écoutent baragouiner des bribes de réponses aux questions des animateurs ; elles le suivent et n'ajoutent rien : elle savent qu'elles ont cessé d'être le jour où leur enfant s'est emparé de leur avenir.
Il a un an, deux ans, elle porte une robe à fleurs et des collants roses, ses cheveux s'entortillent le long de son cou gracile, sur son front pur. Ils grimacent, crient, réclament, implorent, dégoulinant de bave, ils hurlent, exigent, pleurent. Ils se repaissent des drames qu'ils ont fomenté. Ils oublient vite mais pas toujours.

Autour, les mères, sur des canapés, des chaises minuscules, des tabourets d'enfants, sont avachies ; elles laissent béer leur tee-shirt sur des poitrines exsangues. Leurs bourrelets se déploient, lorsqu'elles respirent, soufflets d'un accordéon sans musique. Elles baillent et discutent parfois, sans conviction, comme devant la télévision, absorbées par le spectacle de leurs marmots passionnés. De temps en temps, elles se précipitent, au milieu d'une phrase : juste quand elles évoquaient un de leurs soucis, il leur faut ramasser un jouet, consoler d'une bosse, tempérer une dispute. Finalement, elles ne parleront pas d'elles, la naissance de l'enfant les a mises entre parenthèses et elles ne savent pas comment en sortir.

Shalyma a deux filles qui ont un an d'écart. Lorsqu'elle ne se sent pas regardée, elle soupire. Lorsqu'on la regarde, elle tire sur son petit pull noir et aplatit les mèches de sa frange. Elle glousse sans sourire. Myriame, son aînée, âgée de deux ans et demi, prend dans son sac une canette de Sprite. Shalyma ne tend pas la main pour la récupérer, elle regarde l'animatrice. Gênée, elle lui demande :
"Vous pourriez lui dire que c'est interdit de boire ça ici ?
- Mais pourquoi voulez-vous que je lui dise ça ?
- Parce qu'elle réclame toujours et nous on ne veut pas qu'elle boive des boissons gazeuses.
- Dans ce cas, dites le lui. Pourquoi voulez-vous que j'invente une raison alors que vous en avez une ?
- Oh non !
- Vous savez, ici on pense qu'il faut expliquer les choses aux enfants.
- Mais non. Moi je ne fais pas ça.
- Pourquoi ?
- Bah parce qu'elle ne comprend pas. Ça ne comprend rien à cet âge-là.

Les mères qui écoutent la conversation éclatent de rire sans que l'on sache pourquoi. Myriame escalade un vélo et dévale la pente, poursuivie par sa sœur.

Un peu plus tard, Leïla se précipite vers la porte d'entrée, laissant son fils, Jasser, patauger dans le lavabo. Celui-ci ne tarde pas à s'apercevoir qu'elle n'est plus là. ; éperdu, il geint, péniblement, dévisage les mères qui ne sont pas la sienne, incapable d'entendre les mots qu'elles prononcent pour le rassurer. Tandis que sa mère sort dans la rue, une animatrice s'élance à sa suite. Jasser veut courir aussi, mais il se prend les pieds dans son tablier et tombe la tête la première sur une voiture à pédale.
Puis, Leïla est de retour. Son front, ceint d'un voile noir est courroucé. L'animatrice lui explique qu'elle ne doit pas laisser son enfant, que ce n'est pas une garderie. Leïla prend son fils en larmes dans ses bras. Ses yeux noirs brillent de colère. Elle le plaque contre son épaule et caresse son dos, lentement. Sa main semble bouger hors du temps, patiente et douce, tandis que le ressentiment plaque ses lèvres l'une contre l'autre. L'animatrice se tait. Jasser laisse reposer sa tête dans le cou de sa mère. Il ferme les yeux. Bientôt pourtant, ses pieds battent le ventre maternel, il se contorsionne pour descendre et glisse le long de la tunique mordorée, du pantalon ample chatoyant. Dans le lavabo, il saisit un bateau plein d'eau et le porte à ses lèvres. Leïla lui tape les mains cinq fois très fort. Elle dit : "ne fais pas ça !" Jasser sourit, ravi, et remplit le bateau.
Dans cinq minutes, Leïla disparaîtra encore. Elle a besoin de l'entendre crier pour vérifier qu'elle existe bien parce que, près de lui, elle ne sait plus où s'arrête son corps, où commence le sien et elle ne pense à rien.

Clara parle beaucoup. Elle conseille à Marius de se calmer. Marius ne doit pas crier, ni sauter. Il ne doit pas jouer avec des objets bruyants. Il doit s'asseoir correctement sur le toboggan. Marius est espiègle. Il saute et crie en tapant sur un téléphone à roulettes. Sa mère le prend dans ses bras. Elle le serre et lui répète avec douceur ce qu'elle a dit cent fois. Marius rit encore. Il tape sur la tête de sa mère avec le combiné en plastique. Lasse, elle lui permet de s'échapper. Le regarde gravir le toboggan avec détermination. Si seulement il pouvait lui donner un peu de son désir et de sa joie ! Elle explique : "je suis entrain de divorcer. Pour lui, ça ne change pas grand chose, son père n'était jamais là..."

La pièce du bas est déserte. Leïla ramasse les jouets épars. Un animatrice lui dit que ce n'est pas la peine : "On range à la fin". Leïla proteste : "Je n'aime pas quand c'est en désordre !". "Oui, mais, répond l'animatrice, c'est comme ça que nous fonctionnons, reposez-vous donc, vous n'avez pas besoin de faire ça ici !" A l'étage Jasser pleure et Leïla va le rejoindre en haussant les épaules. Dans un coin, Shalyma soupire. Sa fille aînée lui parle et elle ne semble pas l'entendre. Sombre, inconsolable, elle fixe un point à l'intérieur d'elle-même. Myriame, d'un coup, brise la maison de poupée qu'elle lui tendait. Les morceaux de légos, les poupées en plastique chutent à ses pieds. Les femmes rient et Shalyma, sursautant, plaque sa frange des deux mains. Elle implore du regard l'animatrice. Celle-ci dit à l'enfant : "Que se passe-t-il, Myriame, tu es en colère ?"
Mais il est l'heure de partir, personne n'écoute la réponse de la fillette. Les mères empoignent leur progéniture, tirent sur un coude, une épaule, hissant le corps fatigué contre leur cœur. Elles le revêtent d'un ciré, d'une doudoune en fausse fourrure, d'un manteau à pompons, juchent sur sa tête un couvre-chef bariolé, l'harnachent dans sa poussette, ondoient entre porte, marches et trottoir.

Enfin, elles sont dehors, elles foncent loin de l'après-midi écoulée. Leur manteau n'est pas fermé et le froid s'engouffre dans leurs cheveux. L'enfant dans sa poussette voit en chaque chose une promesse, il s'excite et babille, montrant du doigt voitures et boutiques. Voutées, les mères se dépêchent, il reste tant de choses à faire avant l'heure du coucher. Au moins, elles ne s'ennuieront pas !

jeudi 2 octobre 2008

Bloguer au travail 2/2

[Contribution de Gaël]

« Ça a commencé insidieusement. Tous les matins je fais une revue de presse pour le boulot. Je bosse dans un domaine très en vogue aussi bien auprès du législateur que des industriels et du grand public. Alors, forcément, il faut bien se tenir au courant. Et puis, il n'y a rien de tel quand on bosse en bas d'une grosse pyramide que de s'informer par soi-même, parce que les infos elles semblent bien aimer l'air en altitude, elles ont du mal à redescendre... Mais bon, là n'est pas votre question...


Je faisais donc ma revue de presse tous les matins : presse régionale, nationale, alertes google sur des mots clés, liens en favoris, etc... Dans ces favoris j'avais aussi glissé quelques sites de copains, dont Nicolas (pas P. ! ni S. d'ailleurs...) que j'avais perdu de vue dans la vraie vie depuis un p'tit bout d' temps. Et puis, Nicolas a ouvert ses blogs, que j'ai aussitôt ajouté à mes favoris, vous pensez bien ! J'ai commencé par suivre assidûment Partageons mes âneries, me foutant royalement de son avis et de son reste ! J'y suis venu après... Lire les compte-rendus de Nicolas me faisait marrer, je lui laissais des commentaires, il me répondait (parfois gentiment...). Puis mes filles sont nées, j'ai envoyé des photos à Nicolas et là : Paf ! 1 billet sur les pépettes ! Prune et Anna stars des blogs ! Moi fier comme pas deux j'envoie le lien à toute ma galaxie (comme le chante si bien Higelin) et Nicolas devient un z'influent au vu du nombre de visites records que je lui envoie (enfin je crois que c'est lié) ! « Agadez les filles sont déjà des stars » que je criais dans mes mails, et puis, là, une envie de blogguer m'a prise !

Puisque la famille était disséminée aux quatre coins de la France voire du monde pour certains, pourquoi ne pas ouvrir un blog familial pour informer tout le monde en temps réel des progrès des filles (qui seraient à n'en pas douter spectaculaires !) ? Encouragé en cela par Nicolas (« fainéant, pas encore ouvert ce blog ? » m'écrivait il régulièrement par mail) j'ouvrais donc le blog familial. Dans le même temps, le nombre de blogs consultés pendant la réalisation de ma revue de presse ne cessait d'augmenter? C'était surtout des blogs gravitant autour des PMA. J'osais à peine y commenter du bout des doigts, négligeant par là-même les conseils de blogage indispensables pour devenir un z'influent.

Pour alimenter mon blog familial, quand je n'avais pas eu le temps de le faire à la maison, je me permmettais d'uploader 2 ou 3 photos et d'ajouter quelques lignes de textes tout en faisant ma revue de presse, et hop ! À celle et ceux qui penseraient : « rhôôôô !!!! mais il pratique un loisir sur son lieu de travail ! » je répondrais simplement qu'un PC doit pouvoir faire plusieurs choses en même temps ! Quand on met des photos sur un blog, on n'est pas obligé de regarder la petite barre d'avancement... Rien ne vous empêche donc de continuer à bosser ! Faut pas laisser végéter un PC à faire du mono-tâche : après ça devient fainéant et ça ne veut rapidement plus rien foutre, c'est un peu comme un cerveau humain... Bloguer au boulot permet donc de s'ouvrir et d'exercer sa cervelle, en réfléchissant bien (dans mon sens surtout) c'est tout bénéf' pour votre employeur ! »

Bon, ma brillante démonstration ne semblait pas si brillante que ça pour le journaliste... D'autres blogueu(r) ses par contre voyaient très bien ce dont je parlais. Certains en étaient arrivés là par d'autres biais (réservation de voyage sur internet, consultation de la météo ou d'horoscopes, ...) : tout pouvait être prétexte à tomber sur un blog et à se voir inoculer le virus.

Sentant l'approbation de certain(e)s, j'embrayais : « Après, bloguer au travail ou à la maison, en fait l'endroit d'où l'on publie importe peu. Cette publication est en effet souvent une libération. On ne demande que rarement aux gens où ils font leur caca du matin. Alors laissez nous bloguer où l'on veut ! »

Bon l'exemple du caca était peut-être mal choisi... Plus personne en me parla de la soirée, et l'article ne fit aucune référence à mon blog... C'est pas comme ça que j'allais monter au wikio encore...

mercredi 1 octobre 2008

Comme Nicolas !


Tiens, je vais déroger à mes habitudes et poster un billet qui fera plaisir à Nicolas. Il le mérite bien puisqu'il apparaît deux fois dans cette liste !

Les absents se reconnaîtront et j'espère qu'ils prendront de bonnes résolutions !

Du côté des mots clefs je n'ai pas grand chose à signaler si ce n'est que de nombreuses personnes s'interrogent sur la possibilité de changer de sexe. Sont-ce les mêmes qui s'intéressent, régulièrement, aux péripatéticiennes ?


l-oeil-du-vent.over-blog.com 243
bouchedela.blogspot.com 159
du-cote-extime.blogspot.com 148
extra-ball.blogspot.com 132
admin.blogs.psychologies.com 126
balmeyer.blogspot.com 92
filaplomb.20minutes-blogs.fr 68
baratin.hautetfort.com 65
jegpol.blogspot.com 64
cochondingue.over-blog.net 49
loisdemurphy.canalblog.com 38
georges-flipo-auteur.over-blog.com 29
nefisa.blogspot.com 29
jegper.blogspot.com 28
entre2eaux.hautetfort.com 27
detoutetderiensurtoutderiendailleurs.blogspot.com 19


Pour terminer, la réflexion du soir de mon époux :

" Tu crois que Proust, il publiait des tableaux de stats ?"

Peinture : Hieronymus Bosch

Bloguer au travail 1/2

[Contribution de Gaël]

"Asseyez-vous avec les autres, s'il-vous-plaît. "


Le ton avec lequel ce « les autres » avait été prononcé par l'hôtesse en disait long sur ce qu'elle pensait de nous, pauvres hères soupçonnés de profiter honteusement du système. Je me dirigeai donc vers le cercle de chaises sur lequel était installé un échantillon représentatif de ce que les médias considéraient comme les nouveaux parasites du monde du travail, rendez-vous compte, des blogueuses et des blogueurs qui assouvissaient leur bas instinct au boulot.


J'avais moi-même été contacté par mail par ce journaliste qui montait un dossier sur ce thème. Faut dire que parler de gens qui osaient utiliser leur temps de travail pour leur loisir faisait jaser et promettait de jolies ventes au prochain numéro de « l'Inquisiteur ». Drôle de nom pour un journal, non ? Ils avaient dû essayer de traduire « the Inquisitor » en français, me disais-je... Et puis pourquoi pas, après tout j'aime bien ces rencontres de blogueu(r)ses, ça permet de tisser des liens, échanger sur les buzz passés et à venir, enfin bref ça donne un peu de punch à son blog. Je m'étais donc décidé à y aller. En plus je rencontrerais peut-être de véritables stars de la blogosphère...


Je m'approchais donc du cercle de chaises. Je ne reconnaissais personne, un peu normal vu que la plupart des blogueu(r)ses tiennent avant tout à leur anonymat, surtout lorsqu'ils bloguent dans le cadre de leurs activités professionnelles... Affalé sur sa chaise comme s'il était sur une pouffe un jeune cadre dynamique consultait son y-phone avec volupté. Ça pinguait à tout va, signe qu'il devait recevoir des mails, des touittes et des attaques de loups-garous via fessebouc à tout-va. Sa voisine, droite comme un I sur son siège, attendait patiemment, faisant et défaisant sans cesse son point de croix. Le troisième larron ânonnait une étrange mélopée distillée dans son ses esgourdes par un astucieux stratagème qui avait transformé son chapeau melon en valquemane, comme on disait quand j'étais jeune. En m'approchant de mon siège, je reconnus avec stupéfaction du Prink Froyd, le morceau de 15 minutes 32 à Pompeii... Pouah ! Les autres étaient tous du même acabit, donc toutes et tous différents. Chacun était venu avec son petit univers à lui dans ses poches, mais semblait prêt à le partager avec quiconque se montrerait un tant soit peu intéressé... C'est un peu ça les blogs pour moi, c'est essayer d'apporter quelque chose de soi (ou bien qui te touche) à autrui, que cet autrui soit connu ou bien virtuel.


Enfin, la star de la soirée pénétra le cercle de chaise. Il eut un regard circulaire et s'assit à son tour sur une des chaises encore libres. « Bon, je pense qu'on est tous là, certains et certaines se sont désistés, je le en excuse, le climat est peu propice au genre de révélations que vous allez me faire ce soir. On serait plus dans une ère du « travailler plus... » que dans une société de loisirs que ça ne m'étonnerait pas (sourire)... ». Son introduction se voulait franche et directe. Peut-être pour nous mettre à l'aise. Mais à l'aise on l'était, la dernière phrase de son mail était claire : « anonymat garanti ».


Après deux ou trois intervenants, je n'avais écouté que d'une oreille distraite un chef d'entreprise web 2.0 à mort qui travaillait justement dans le milieu des blogs et qui donc bloguait au travail mais POUR son travail, je fus ensuite amusé par le témoignage de Nicolas P. qui avait exigé de témoigner depuis une autre salle et dont le boulot était de surveiller ce qui pouvait être dit par des sales gauchisses sur son patron, mon tour arriva !