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dimanche 1 février 2009

4 paroles de blogueurs et un tag

Nous accédons à l’intérieur du Phare et pénétrons dans le vestibule. Je m’avance au pied des marches en fonte. Par les lucarnes, des filets de lumière tachettent les murs. Je lève la tête, je suis des yeux l’escalier en colimaçon qui s’élève vers les hauteurs et je suis pris de vertiges. Le vent en s’engouffrant apporte les senteurs de la mer. Elles se mêlent à l’odeur forte de pierre humide que j’ai sentie dès que nous sommes entrés. Le moindre bruit devient écho puis finit par se perdre.
- Cent quatre-vingt-trois marches jusqu’à la salle de veille. Et trente de plus pour arriver à la galerie. J’espère que vous êtes en forme. Venez, je vais vous montrer votre luxueuse suite, ajoute Georges avec une pointe d’ironie.

L'escalade fut facilitée par les bouts rompus lors du naufrage et qui pendaient le long de la coque. Alors que le reste des hommes du village arrivait au pied de l'épave, les trois compères étaient déjà sur le pont, scrutant à la lumière intermittente de la lune, ce qu'ils pourraient grappiller facilement.

L'un d'eux repéra la porte de la cabine du Capitaine. « Les gars, s'il y a quelque chose de précieux sur ce rafiot, c'est là qu'on le trouvera ! ». Ils se ruèrent donc en direction du gaillard d'arrière. La porte était sortie de ses gonds. Ils pénétrèrent à pas de loups (ils avaient tous le souvenir des récits des anciens dans lesquels des officiers de navire vendaient chèrement leur peau). »

Les réverbères de l’autoroute zébraient la nuit de mon retour. Je pensais, après un dîner avec des collègues journalistes, à tout ce temps déjà passé dans l’encre, à nos destins mollement tracés entre les lignes. Je repensais à ce métier si près du monde, à cette vie qui en réclame un autre. Jusqu’où survivra cet équilibre entre la vive lumière qui m’exige, toujours la même, et les couleurs opalescentes et nuancées qui m’animent ? Quels pourraient être la cassure et le tournant ? Pour vivre quel autre chant ? Nous sommes fabriqués dans un sursaut d’aventure, puis tôt entraînés dans la parade des concessions, et mourrons doucement sous elles.

Au bout de la rectitude asphaltée, une chouette effraie, dame blanche, vint voler devant mes phares. Le fantôme virginal de nos libertés.

Caryn me regarde, à moins que ce ne soit Maureen, je ne sais pas les distinguer, elle me fixe d'un œil mauvais car elle n'approuve pas ma réponse, alors qu'elle n'en aurait de toutes les façons pas plus approuvé une autre, quelle qu'elle fût. Mes filles rejettent et critiquent tout ce que je dis, me reprochant sans cesse qu'elles n'ont pas de père, par ma faute. Elles pensent que j'ai décidé qu'elles n'auraient pas de père, alors que je ne sais toujours pas comment j'ai pu tomber enceinte, et je n'ai aucune honte à le dire, je suis persuadée de n'avoir couché avec personne à cette époque, me trouvant trop grosse, trop banale, et donc trop laide pour intéresser des garçons convenables ; et pour avoir, dans un moment de faiblesse, confié ceci à mes filles, elles me considèrent comme une demeurée, m'appellent la Sainte Vierge.

****

Et pour changer, j'ai eu l'idée d'un nouveau tag : il s'agit de citer trois blogs que l'on a vu naître. Bien entendu ils ne doivent pas êtres vôtres, pas même secrètement. Je compte sur vous !

Pour ma part, je vais parler, sans réfléchir de ceux que j'ai visités récemment :

D'abord, il y a Mauvaises nouvelles, découvert alors qu'il venait d'afficher son premier billet, très récemment. Ce blog commence très fort et je me réjouis de lire les prochains chapitres du Malade.

Il y a aussi, bien sûr, le très beau deuxième blog de Dorham, The Backstabber, où il raconte le Jazz avec des étincelles au bout des doigts... Même si c'est une musique qui ne vous parle pas, vous écouterez Dorham !

Et, il y a quelques temps, Sophie, une jeune femme que j'ai rencontrée en stage de théâtre, a aussi ouvert son blog. Quand on connaît la personne, c'est très émouvant de la voir se lancer dans l'aventure... Elle a voulu m'inscrire parmi les auteurs et j'ai accepté sans savoir ce que je pourrais écrire chez elle. Pour l'instant rien et je crois que ça restera comme ça. Sophie habite bien l'espace. Elle a d'abord tenté de rapporter des contes avant de se faire gentiment taper sur les doigts. Du coup, elle alterne, comme beaucoup d'entre nous, entre fiction et réalité... Et j'aime beaucoup.

Maintenant j'aimerais bien connaître les trois blogs qu'ils ont vu naître de Nicolas, Didier Goux, Cochon, Marie-Georges , Balmeyer et Yaëlle... S'ils veulent, hein ?

Illustration : TummyMountain

dimanche 18 janvier 2009

7 paroles de blogueurs (9)

[Tous les dimanches (à peu près) je cite 7 paroles de blogueurs qui m'ont plu, touchée, emballée, inquiétée, interrogée...]
Il fait nuit depuis longtemps lorsque nous sommes reçus par la jeune urgentiste. Ambiance calme, un concerto de Vivaldi en sourdine, elle inscrit sur son dossier nom, âge, adresse, puis s'enfonce dans son fauteuil et demande ce qui nous amène. G. attend que je parle. Comme depuis qu'il est né c'est par mes paroles que sont dites les souffrances, les angoisses, les peurs.
Il se tourne très légèrement vers moi, il attend, alors je parle.

« Je… Je n’ai jamais vu ça », murmura le médecin. Devant l’air exaspéré de son interlocuteur, il s’empressa de saisir un stylo pour noter sa perplexité en majuscules sur une feuille de papier. Son visage reflétait un mélange de stupéfaction, de fascination et de dégoût. Cependant, il continuait à ausculter son patient, cherchant un indice dans sa gorge et dans sa tension. Après avoir examiné une dernière fois ses oreilles monstrueuses, il recula, comme s’il craignait d’être contaminé à son tour par cette aberration physique.

J’ai commencé par un mensonge. Il m’a dit:

Oh, moi ce que j’aime, personne n’aime.

Je l’ai regardé, avec ses beaux yeux ses cheveux longs balayés par le vent, sa stature d’homme bien fait, et j’ai pensé que non, ce devait être impossible.

Ah bon, c’est quoi?

Le Jazz.

C’est sûr, cette musique que j’entendais parfois sur les ondes le matin en allant à l’école, cette musique discordante, impossible à chantonner, bien trop irrégulière, non, je n’aimais pas, mais pas du tout.

Oh, mais j’adore le Jazz!

Je me lève
ce matin. J‘ouvre les rideaux, prends mes cachets, donne à manger aux poissons (j‘ai oublié hier soir), et je déjeune, comme tous les matins. Je pense à ce que j’ai à faire. Il faut que je mette un pull en machine, que je fasse un chèque et que j’aille le poster. Il faut aussi que j’aille à la pharmacie. Il me reste seulement deux cachets d’antidépresseur. Il faut aussi que je nettoie l’aquarium, comme tous les mercredis. Je suis angoissé. Je me dis que c’est trop.

Vous l’avez peut-être remarqué, je ris avec beaucoup de conviction. C’est pour dissimuler que je pleure avec le même enthousiasme, c’est pour apprendre à vivre avec le tragique qui ne cesse d’être là. J’ai quand même fini par comprendre que cette sensibilité qui a causé bien souvent mon malheur dans sa collusion avec le ridicule, cette sensibilité était aussi ma plus grande richesse.

Tout avait commencé par un commentaire laissé sur son blog. Le commentaire était gentil et intéressant, elle avait cliqué sur le lien laissé. Une page s'était ouverte. Elle était claire, esthétiquement parfaite et les billets postés y étaient plutôt bien écrits, très bien écrits même, ce qui n'est pas si courant sur la blogosphère. Ce blog tenu par un homme contait sur un ton assez mélancolique ce qu'elle ressentait comme la fin d'une histoire d'amour. Elle laissa un commentaire à son tour.

Jeunes filles
qui me lisez, écoutez bien ce conseil : gardez-vous de vous moquer des jeunes garçons ! Gardez-vous de les juger communs, vulgaires, sales, inférieurs ou minables, et surtout de le leur faire savoir ! Oh oui, car c'est très pernicieux, ces choses-là. Si vous faites honte à un garçon, vous brisez son estime de soi. C'est très douloureux. Et en même temps, vous vous posez comme la norme supérieure de cette estime. De ce fait, il pensera sans cesse à vous. Il s'attachera à vous, voire même, avec un peu de malchance, pour toute la vie. Il n'aura de cesse d'avoir reconquis son estime, c'est-à-dire la vôtre. Non, vraiment, mesdemoiselles, si vous vous moquez d'un garçon, sachez-le, il va falloir assumer. C'est-à-dire, ensuite, au choix, l'épouser ou le tuer.

Illustration : Ray Caesar

mercredi 8 octobre 2008

Nef est géniale

Voici ce qu'elle vient de poster en commentaire du billet de Didier Goux :

"Je viens de trouver une différence entre un blog et un livre.
Un livre, même en écrivant tout petit, il n'y aurait jamais assez de place pour coller autant de commentaires à la fin."

dimanche 7 septembre 2008

7 paroles de blogueurs (8)

[Tous les dimanches (à peu près) je cite 7 paroles de blogueurs qui m'ont plu, touchée, emballée, inquiétée, interrogée...]


Marchant dans le sillon de terre, il laisse courir ses doigts entre les plants de blé. Il aime la résistance amusée des tiges à son passage, le piquant doux des épis à l'intérieur de ses mains. Une mer foisonnante et drue, si belle à écouter les jours de houle, dans laquelle, capitaine des chaumes, il aurait toujours pied.

Elle ne me répond pas, mais sa mère me sourit - superbe sourire d'une femme pas plus belle qu'une autre, mais néanmoins bien plus belle qu'une autre. À Saint-Lazare, nous descendons ensemble. Nos regards se croisent, la petite fille continue de parler. Je remercie sa mère d'exister, avant de disparaître.

Elle s'arrête un peu pour regarder les nains dans la vitrine. Elle colle le bout de sa langue dans le trou qui est à la place de ses deux dents de devant et aspire. Ça fait le petit bruit de succion qu'elle aime tant. Elle touche la pièce dans la poche de son anorak pour se donner du courage et pousse la porte de la boulangerie en répètant dans sa tête "Une baguette pas trop cuite et une chocolatine s'il vous plaît".

J'étais
à la caisse occupé à étaler le contenu de mon caddie qu'on traîne derrière soi sur le tapis roulant lorsque je l'ai vue derrière moi enfin je l'ai devinée, elle était comme moi célibataire cela se voyait au contenu de son caddie à elle, le contenu était si mignon un sandwiche du soda allégé des pringles du pain de mie et des truc de fille à la con. je me suis dit que je pourrais lui demander de m'épouser on réaliserait des économies de temps et d'argent en mélangeant nos courses on ne prendrait plus des portions individuelles et on optimiserait les sandwiches et même les sacs en plastique car comme moi elle avait du en racheter comme à chaque fois que je passe à la caisse car j'oublie ceux que j'ai précédemment acquis.

Qui suis-je ? Je m'appelle malbeyer, je suis écrivain, artiste, pintre, poete, j'ai trente ans et demi, enfin, trente ans et beaucoup de demis. Je suis écrivin de blog, je publit dans un style toujorus original et drole des histoire cocasse sur ma vie, ma petite famille, mon métiers, mes amis. Pas trés interesant mais vous serais vite acro vous pouver me croire !!!!
Je partge ici mes couts de cœur, mes couts de colaire, unique en sont genre.

Nous traînions en bord de mer, Lulu marchait d’un pas souple et portait un sweat à capuche.Nous avons loué deux voitures et nous sommes partis vers l’Ouest, Sofia.
C’est Patrick qui aime conduire. Même s’il boit. Parfois il manque nous mettre dans le fossé des montagnes bulgares, parfois il pleure dans mes bras. Lulu n’y trouve rien à redire.

Les filles l’imaginent gros. Et dur, évidemment. J’en rajoute, je les encourage : oui, elle est énoooorme ma bite. Parce qu’une fille intriguée est à moitié dans mon lit, et ça tombe bien, avec une moitié de fille on peut déjà faire plein de choses. Et puis je sais qu’elle l’aimera, mon pénis. En tout cas, moi, après avoir passé la matinée à l’observer sous tous les angles, j’ai décidé de l’aimer.

Illustration : Madeline Valentine

dimanche 6 juillet 2008

7 Paroles de blogueurs (7)

[Désormais tous les dimanches (à peu près) je citerai 7 paroles de blogueurs qui m'ont plu, touchée, emballée, inquiétée, interrogée...]


« - Dis, papy Maximounet, tu m'racontes une histoire ce soir hein? »


« - Oui, petit descendant, mais après t'être lavé les dents.
Et ne fais pas comme Joey Starr, ne fais pas semblant.»

« Je suis pleine de vos œuvres », avait murmuré la femme de cet écrivain prolifique un soir tardif de septembre.
Fou de jalousie, il l’étouffa entre ses deux longues nattes tressées pour le coucher.
En effet, la malheureuse ne savait ni lire, ni écrire.


Comme je vous comprends, a soufflé l'homme en jacquard (j'ai lu dans ses yeux qu'il était sincère), je suis moi-même un grand admirateur d'Amélie Nothomb : je dévore toutes ses nouveautés. Et croyez-moi, a-t-il ajouté d'une voix plus basse, quand on travaille dans un lieu de culture, c'est un secret difficile à porter... Des rumeurs courent sur une collègue qui se serait fait renvoyer après avoir clamé haut et fort son amour pour Marc Levy tandis qu'une autre aurait vu son contrat ne pas être renouvelé car elle dévorait Marek Halter pendant sa pause déjeuner...

En les lisant, je pense à ces convives timides qui tentent de placer une histoire drôle dans le brouhaha du dessert : ils bâclent le récit, le dévident sans rythme, sans clins d’œil, pressés d’atteindre la chute avant qu’on ne la leur gâche. Je ne parle même pas des fautes d’orthographe ou de grammaire, ni des répétitions, parfois d’une ligne à l’autre, ni de la surabondance des verbes mous. Ce qui me chagrine le plus, ce sont ces descriptions si superficielles dont on achève la lecture sans avoir imaginé aucune image, ces dialogues qui passent d’une langue empruntée à une autre qui se voudrait populaire et n’est que minimale. L'auteur semble pressé d'en finir, pressé de tuer son idée. Comme s'il n'aimait pas vraiment écrire.

Si je n'ai qu'un conseil à vous donner, c'est de lire ce blog plus souvent. Grâce à ce surcroît de fidélité, vous seriez déjà au courant de ma théorie sur l'affaire Kerviel et l'avenir de la Société Générale et je n'aurais pas à vous réexpliquer tout depuis le début.

L'affaire se gâte lorsque la demoiselle (ou la dame : il faudra que je me renseigne) entreprend de lire des extraits de votre dernier billet. Là, soudain, vous prenez conscience que votre petite prose ne vaut pas un clou (certes, vous vous en doutiez, mais tout de même...), que les phrases tombent comme des fruits de leurs arbres, déjà blets avant de toucher le sol.

Finalement, ce que vous preniez pour une minute d'auto-gloriole se mue en une implacable leçon de modestie, assénée sans trop de précaution, ni cellule de soutien psychologique ? Lorsque la voix s'est tue, vous vous retrouvez seul devant l'écran. Et vous vous surprenez à regarder votre page d'accueil de travers, avec un mauvais petit sourire.

Le seul cas de révocation dont j'aie entendu parler, par un éminent Inspecteur d'Académie, qui avait sans doute pour objectif de nous impressionner, c'était le cas d'un enseignant qui avait fourni un faux diplôme du baccalauréat dans son dossier de concours. On ne s'en était aperçu qu'après plusieurs années.


(Et pour relire tout ça en caractères gras, c'est par ici !)

Illustration : Art and Ghosts

lundi 30 juin 2008

7 Paroles de blogueurs (6)

[Désormais tous les dimanches (à peu près) je citerai 7 paroles de blogueurs qui m'ont plu, touchée, emballée, inquiétée, interrogée...]

Face au garage blanc, à côté de la terrasse, dressée sur la pointe des pieds, je guette le moment où la grande roue s’illuminera, loin, en bas. Ma grand-mère crie “la soupe au pistou est prête !” Je suis encore en maillot de bain. Mon père allume une spirale verdâtre anti-moustiques sous la table.

J’attendais nos rendez-vous. Je n’attendais que ce moment de bonheur. Tous les jours, je m’entraînais à la flûte, je cherchais de nouvelles mélodies à l’oreille, j’apprenais — très facilement — les morceaux que vous nous donniez à travailler. Les élèves vous aimaient bien, mais moi je vous adorais. Vous ne voyiez pas ma laideur, ma maigreur. Vous étiez indifférente à mon accoutrement qui me valait les quolibets cruels des autres enfants, ainsi que les regards appuyés de certains professeurs. Ma mère achetait mes habits chez Tadduni, j’étais vêtue comme une souillon, j’avais honte et j’avais peur, trop petite, trop seule. Vous me disiez de jouer et vous me félicitiez. Vous m’aviez appris la musique et moi, alors, je n’avais plus qu’à bien placer mes doigts, souffler juste ce qu’il fallait, et j’étais libre.

Ma veste, quant à elle, est grise et, malgré la chaleur abominable lors de cette conférence suivie d’un apéritif dinatoire imposée par un patronat combattable, j’ai du la garder toute la soirée pour cacher la déchirure latérale de mon pantalon gracieusement offerte par la RATP dont au sujet de laquelle les RER ont des accoudoirs agressifs allant jusqu’à se glisser dans la poche de mon pantalon au moment où je m’asseyais.

Lourdement, je dois avouer, ce qui explique que la poche soit restée dans l’accoudoir en question au moment où mon délicat fessier touchait le siège.

Il faut savoir qu'en Guinée dès que tu manges un peu plus de Riz que les autres, tu es considéré comme riche et ben tous les voisins, cousins, tante vont donner à leur enfant le même prénom que le tien! Parce que y'a une coutume qui veut que tu offres des cadeaux à ton homonyme...et tous les jours si possible!


J’aime bien me parler à moi-même; je suis toujours présente, toujours attentive et je n’interromps jamais.

On écoute la mer, oreille au coquillage.
Moi j'entends son ramage, bien loin de ses rivages,
En fixant un galet, mon esprit aux aguets.


Puis nous rions z’à gorges déployés. A tel point qu’on pourrait s’appeler monsieur et madame Déployés ont des fils comment l’appellent-ils ? Georges. Parce que Georges Déployés.

Illustration : Laura George

dimanche 22 juin 2008

7 Paroles de blogueurs (5)

[Désormais tous les dimanches (à peu près) je citerai 7 paroles de blogueurs qui m'ont plu, touchée, emballée, inquiétée, interrogée...]

On parlait du don d'organes.


"J'ai ma carte de donneur depuis 3 ans. J'ai dit à ma famille : si je meurs, vous donnez tout sauf les yeux." J’ai pensé à mes fesses dodues et je suis allée me consoler avec un cookie-banane.

Mais comme dans le dernier épisode, j’ai été embarquée en prison, je vous signale que ce n’est pas très simple de gérer un truc pareil depuis une cellule.

Peut être que je serais tombée amoureuse de Claude François, mais j'essayerai d'oublier si j'étais une fille des années 60 ! Bref. Ce soir, quand je suis partie, il y avait un cocktail. Ouais, on est une boîte de luxe quand même, alors on fait des cocktails régulièrement. Les gens achètent plus facilement quand ils sont bourrés, qu'ils disent à la direction.

J’en profite pour prendre quelques photos d’Alice dont le style, l’humour et l’étrange et vénéneuse beauté me vont droit au cœur. Je suis athée mais j'ai toujours adoré les histoires d'elfes, de fées et tout ça.

Illustration : Printmarketjenn

lundi 16 juin 2008

7 Paroles de blogueurs (4)

[Désormais tous les dimanches (à peu près) je citerai 7 paroles de blogueurs qui m'ont plu, touchée, emballée, inquiétée, interrogée...]

Marie-Georges Profonde :

"Je m'aperçus bientôt que je n'étais pas seule. On aurait même dit que j'étais accompagnée. Je recomptai : mon alien, mes deux cuissots et ma tête. Moi et personne d'autre. Je poursuivis mon chemin, sentant petit à petit grandir cette présence étrangère. "Il n'y a que moi", me raisonnai-je. En réalité, plusieurs êtres, manifestement intéressés par mon activité, décidèrent de se joindre à mon erratique promenade. Je me retrouvai vite entourée d'une nuée de personnages à qui je n'avais rien demandé, surtout pas de me suivre. "Et si tu allais chez l'épicier acheter du chocolat ? Oh ouiiii !" m'interpella une petite fille blonde à qui il manquait deux dents de devant. "Et puis tu rentres. Y'a rien là-bas, où tu vas ?", continua-t-elle. Je toisai la péronnelle sans mot dire, pour lui signifier que nous n'avions pas gardé les bisounours ensemble."

Audine :

"On était dans des petites rues de l’Haÿ les Roses, et je devais suivre quelqu’un, un homme, mais il disparaissait dans des rues. Avec le chameaulama, je suis allée voir et j’ai trouvé le chemin et je suis arrivée dans une ferme pour animaux chimiquement purs. C’était comme ça, je savais que c’était une ferme pour animaux chimiquement purs. D’ailleurs, y avait un lion, ça se voyait qu’il était chimiquement pur. Moi je me suis dit que mon chameaulama allait être très bien dans cette ferme."

Cochon :

" - Qu'est-ce que tu t'es fait aux poignets ?
- Bof, ça c'est rien.
- Tu as des entailles partout. T'as quand même pas cherché à te...
- Si effectivement, j'ai cherché...
- A te tuer ?
- Mais non ! J'ai cherché la fameuse puce.
- Quoi ?
- Tu sais, la puce. Celle qu'on nous implante à la naissance et qui contient toutes nos informations génétiques. Ce mouchard permet de nous pister partout où on se trouve. Une vraie saloperie !
- Arrête, ne me dis pas que tu crois vraiment à ces conneries.
- C'est pas des conneries ! Ils sont là, parmi nous. Ils font des expériences sur nous, ils nous traquent.
- C'est de la science-fiction. Si les extraterrestres existent, ils ont sûrement d'autres chats mutants à fouetter...
- Tu es trop naïve. On est sans cesse manipulés par nos gouvernements, par la télé, on ne connait rien de la vérité.
- Ah oui ? Et c'est quoi la Vérité ? La théorie du grand complot ? Sarkozy et Bush sont des petits gris ?
- Tu ne crois pas si bien dire !
- Ok, reste dans ton délire... Tu es tout pâle, tu te sens bien ?
- Aaaaaah c'est bon... Tu permets que je ferme les yeux. Ça commence à agir. Si je te prends pour un gros lézard rouge à un moment, faudra pas t'en faire..."

Dorham (il n'arrête pas !) :

"De la fenêtre on perçoit le bruit de deux Airbus qui se fracassent. Des gerbes de flamme viennent s’écraser mollement contre la fenêtre du cabinet. Le toubib de l’âme ne fait pas un mouvement, il regarde dans mes yeux comme moi ou je ne sais plus lequel de mes « moi » l’autre jour dans le cortex de sa cravate à pois. Loisir auquel je ne peux m’abandonner aujourd’hui puisque sa chemise m’éblouit comme une sorte de magnificence divine intolérable. D’autres avions fusent, ventre vers le ciel. Dans le cabinet, c’est aussi assourdissant qu’une kermesse d’enfer. Et par dessus cet Hadès de bruits, d’horreur et de mort, fantastique et grotesque, on entend le sifflet strident d’un flic qui fait la circulation. Allez vous écraser là-bas et vous par là. Par ici, tut-tut !"

Loïs de Murphy :

"Après m’avoir vanté les mérites comparés de la méthode Pilates, du Powerplate et de la gymnastique suédoise Axel se plaignit de son découvert, de l’amertume d’une soupe de cresson en brique et des informations alarmantes sur l’utilisation intensive de son portable.
Il n’était pas prêt, je crois, à entendre parler de mon goût immodéré pour le chocolat, l’écriture et le cha-quong, vieille gymnastique chatoise."


"J'ai fait un rêve...
j'ai rêvé d'une femme à la beauté tendre et lumineuse.
j'ai rêvé que cette femme avançait à quatre pattes, se cognant et se perdant dans une forêt de jambes.
j'ai rêvé que cette femme cherchait partout sa couronne de reine.
j'ai rêvé que toutes ces jambes piétinaient ses mains et l'empêchaient d'avancer.
j'ai rêvé que la couronne de reine se trouvait dans le coin le plus sombre, le plus reculé de la pièce et que la femme à quatre pattes la cherchait en vain."

Nicolas :

"- Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible ?

J’ai essayé avec le vieux Jacques, si tant est qu’on puisse le considérer comme vivant. Scientifiquement, il s’apparente à une baderne susceptible. La science a encore des progrès à faire.

- L’art transforme-t-il notre conscience du réel ?

Oui. C’est évident. Les pommes de terre sont bien réelles. Quand on fait des pommes de terre au l’art, on a conscience de toutes les qualités développées par ce légume prodigieux."

Illsutration : Art and Ghosts

dimanche 8 juin 2008

7 Paroles de blogueurs (3)

[Désormais tous les dimanches (à peu près) je citerai 7 paroles de blogueurs qui m'ont plu, touchée, emballée, inquiétée, interrogée...]

L'arpenteur :

"Quand j’ai vu le numéro de ma mère s’afficher sur mon portable, j’ai hésité, et soupiré. Encore une fois, j’allais avoir droit à la litanie d’une femme hypocondriaque, qui allait me raconter sa énième radiographie du petit doigt parce qu’il lui semble qu’il grince, et « tu ne peux pas te rendre compte ma fille, mais c’est très désagréable », ou l’histoire de sa voisine qui doit probablement se faire opérer des sinus la semaine prochaine « non mais tu te rends compte ? ».
Et je ne trouverai plus la paix. Dans la pénombre de mon bureau, la nuit serait blanche, mais pas de lectures et de travail…"


"-« Ecoute moi bien Paul, je vais te dire la vérité, je rentre tard parce que je suis allé à l’hôtel avec un type et que j’ai couché avec lui. Alors, qu’est-ce que tu en dis ? Ça te cloue non ? J’ai eu du plaisir avec un autre homme et je l’assume, sache-le. J’en ai marre de ne pas vivre mes pulsions, de contrarier ma nature, je revendique mon animalité tout autant que mon humanité, comprends-moi bien Paul, je veux vivre, vivre toutes mes vies, ma vie d’adulte, ma vie d’enfant, je veux être une amie une amante une mère une enfant une fille comme une femme, je suis encore adolescente, je cherche encore, je suis peut-être bisexuelle aussi, comment savoir ? En tous cas ce que je sais c’est que je ne regrette pas ce que je viens de faire. Et si l’occasion d’aimer se pose à nouveau sur mon épaule je ne la laisserai pas s’envoler. »

M. :

"Je me souviens qu'Olivier parlait d'amour avec un grand A mais pourquoi faut-il absolument un grand A ? Ici, il n'y a que de petites choses, et pourtant elles sont pleines d'amour, sous plusieurs formes, de plusieurs façons, mais de l'amour tout le temps. Pas plus à droite qu'à gauche, pas moins fort ni moins beau. Jamais moins vrai.
Et si je t'aime, je ne l'aimerai pas moins lui.
Et si je l'aime, je ne t'aimerai pas moins toi."


"Récemment je vais chez mon barbier pour qu'il me tripote la caboche (le massage est offert, trop court, mais offert) Je me retrouve à coté d'une vieille dame aux cheveux roses qui papote sur le temps qui passe en médisant sur la jeune shampouineuse esclave qu'elle ne trouvait point agréable. Avec mes horaires à la con, j’ai la chance de pouvoir faire mes courses hors heures de pointe comme me faire mousser la queue de cheval . C’est agréable, de se faire mousser la queue, certes, mais aussi de ne pas avoir à prendre de RDV et de ne pas avoir à attendre pour être beau. En général, j’aime pas trop papoter avec les ciseaux mais comme j’avais du sucer douze Lexo1000 à cause d’une facture de téléphone exorbitante que je venais auparavant de réceptionner , j’étais d’humeur."

Framboise :

"J'étais très occupée à admirer la chute de reins d'un Christ quand j'ai senti un léger souffle derrière moi.

Je me suis dit : Oh non ! pas encore un fantôme. Surtout dans un ancien asile de fous. C'est quand même flippant.

Par chance c'était juste le jardinier qui venait d'entrer, sûrement pour faire une pause. je l'ai dévisagé, puis j'ai pris l'option grand angle. Wow, les travaux de plein air, ça forme...

Il m'a fait une révérence, j'ai tendu la main. Il l'a baisé avec classe. J'étais impressionnée.

"Que fait une aussi charmante demoiselle sans chaperon en des lieux si inhospitaliers ? "


"Mais si je trouve un plaisir inégalable à ces préliminaires, ce n'est plus le cas de mon compagnon de jeu et, déjà, sa main remonte le long de ma cuisse…
-"Julien, non. Arrête."
L'interpellé plonge son regard dans le mien.
-"Allez, Guillaume, s'il te plaît."
Il pose ses lèvres sur les miennes et je sens son doigt s'immiscer encore un peu.
Je me dérobe à ses caresses et me redresse.
-"J'ai dit non. Pas encore."
Julien détourne la tête et je lis dans son geste un mélange un peu bizarre d'impatience et de gêne. Mes sentiments ne sont pas plus clairs.
-"Je suis désolé."
-"Non, c'est moi.""



"Les commentaires élogieux : ils devront être clairement élogieux. La métaphore sportive est tolérée mais vous devez citez un auteur réputé au moins.

N'écrivez pas :"J'adore votre article. On voit clairement que Victore Hugor a clairement pompé sur vous."

mais : "J'adore votre article. Comme l'a écrit Victore Hugor :
"Longtemps, on rampe sur cette terre comme une chenille, dans l'attente du papillon splendide et diaphane que l'on porte en soi. Et puis le temps passe, la nymphose ne vient pas, on reste larve".

Si vous avez une critique à formuler, n'hésitez à faire taire ce sentiment de révolte qui vous étouffe et à ne laisser paraître qu'un enthousiasme modéré mais enthousiaste cependant.

N'écrivez pas : "Comme d'habitude, t'as vraiment foiré la chute"

mais "J'adore votre article. Comme l'a écrit Jonathan Littel :
"Longtemps, on rampe sur cette terre comme une chenille, dans l'attente du papillon splendide et diaphane que l'on porte en soi. Et puis le temps passe, la nymphose ne vient pas, on reste larve"."

(Merci à Marc Vasseur d'avoir parlé de ma chronique dans sa Revue de Web du 1er juin !)

Illustration : Nicoletta Ceccoli

dimanche 1 juin 2008

7 Paroles de blogueurs (2)

[Désormais tous les dimanches (à peu près) je citerai 7 paroles de blogueurs qui m'ont plu, touchée, emballée, inquiétée, interrogée...]



"L'arbre généalogique a ceci d'étrange que la descendance vient se nicher près des racines tandis que les aïeuls, sur leurs rameaux perchés, semblent nés de la dernière pousse. Ca s'appelle un arbre généalogique ascendant, c'est comme ça et puis c'est tout. Bon d'accord, mais sur mon mien y'a quelques couacs visuels. Les plus vieux ont été portraiturés plus jeunes que les plus jeunes. Visez les visages et vous verrez : la grand-mère de ma mère paraît être sa fille. D'où l'intérêt des ramifications pour remettre un peu d'ordre canonique dans tout ça. Je n'impressionnerai pas les historiens avec ma plante d'intérieur neurasthénique qui s'arrête net aux grands-parents de mes parents pour les branches les plus hautes. Presque personne n'a eu la bonne idée de naître en France, résultat les pousses partent dans tous les sens et mes racines se perdent en cours de route."

Fishturn :

"Et puis c’est toi qui es trop loin, ou bien moi qui ne suis pas à ma place, comme un gardien qui s’est vu confisquer son poste, qui ne veut pas qu'on le remplace par de grosses dames en blouses blanches et qui marchent en claquettes. Et pourtant tu dors, pourtant tout ira bien, et si la couverture te découvre trop le dos là bas, qu’il n’y a personne pour la remonter, alors tu dormiras tout aussi bien, ce n’est que moi. Cela fait des semaines que je ne peux pas regarder tes dessins sur le mur, que je détourne les yeux à chaque fois. Chaque jour j’essaie de penser à autre chose, mais je ne pense vraiment à rien, je me perds en attendant."

ab6 :

"Je devrais dire, plus honnêtement, le souci que j'ai de mon fils. Son appétit, son sommeil, sa toux, le pantalon que je dois coudre (je vis une tragédie) pour son spectacle, ses cartes, sa dictée, son équilibre, ses amitiés bruyantes, définitives, ses amours timides et fatalistes, la peur que je dois taire toujours quand il nage, quand il dévale à vélo une pente de skate, quand il réagit à un vaccin, quand il me demande où est sa grand mère, son oncle, son papi mais aussi le vert d'ambre de ses yeux, ses petits biceps blancs, son humour ravageur, sa dureté implacable quand je l'engueule, il ne supporte pas, ses questions incessantes que je ne comprends pas. Un coin de ma tête reservé- une forteresse imprenable."

Marc :

"Il y a quelque chose d'étrange dans la maison, des odeurs, un silence.
Je m'approche sans faire de bruit de la chambre puis de son lit. Je pose ma main sur son front. Elle est bouillante. Les draps sont trempés. Elle tremble et claque des dents. Je lui parle mais elle ne répond pas. Elle respire de plus en plus mal. J'ai très peur et me dis que le docteur s'est trompé. C'est beaucoup plus grave qu'une grippe. Je vais chercher le Larousse médical dans l'armoire. Je suis comme papa je le regarde souvent pour apprendre. Je cherche les mots fièvre, sueur, température, infection. Je trouve aussi les photos de maladies inconnues. Maman a tous les symptômes et toutes les maladies. Elle va mourir. J'ai les jambes en coton, la tête qui tourne et de plus en plus de fièvre. Je retourne dans la chambre. Je me couche à coté d'elle. Les ressorts du lit grincent sans la réveiller."

Plume :

"Toute ma confiance restante d'enfant pour les adultes s'est effondrée le jour où elle est apparue, le visage fermé et le carnet en cours à la main. Il était mon exutoire et beaucoup de passages la concernait. Ce n'était pas un journal intime rempli de coeur sur les i et d'appréciations sur mes journées, mes camarades d'école ou toutes les futilités qui occupent une enfant de 12 ans. Non. C'était des paragraphes entiers de rage et de colère, d'insultes et de méchancetés, de constatations distantes, de reproches... Comment son amour propre de mère aurait-il pu l'admettre ?"

Clopine :

"Chaque éclair découpait les silhouettes-ombres chinoises qu'il disposait dans la pièce, devant les fenêtres. Chaque coup de tonnerre modifiait ces scènes et , chef d'orchestre petit, frêle et troubillonnant, le gamin recréait, profitant de la nuit, de la tempête et des lueurs sinistres, tout un univers de film d'horreur..."


"C. chante, le regard soudain perdu dans un monde appartenant au passé. Elle regarde droit devant elle mais ne me voit plus. Elle a oublié les regards moqueurs et les rires sous cape de ceux qui la raillent et qui n'ont jamais connu l'exil. Le cœur serré par la mélodie triste et sa voix qui pleure la terre natale, je vois son sourire et ses yeux se brouiller."


Photo : Découvert sur le blog Les mangues italiennes,
Hendrik Kerstens photographie sa fille depuis 1995...

Pied de nez

En cherchant mes citations j'ai trouvé celle-ci que, dans le contexte actuel, j'ai trouvé savoureuse. Elle est d'Eric Chevillard :


" Les livres sont si maltraités, mal compris, qu’il vaudrait sans doute mieux pour eux et leurs auteurs que personne ne les lise jamais. Dans des reliquaires scellés au plomb, se garderait la littérature intacte, c’est-à-dire plutôt l’idée que nous avons d’elle et que flétrit le moindre souffle (acide, comme nous le confirme la licorne ponctuée de Lascaux, à demi mangée par nos bâillements)."

samedi 24 mai 2008

7 Paroles de blogueurs (1)

[Désormais tous les dimanches (à peu près) je citerai 7 paroles de blogueurs qui m'ont plu, touchée, emballée, inquiétée, interrogée...]

"Mon voisin porte une barbe blanche. C’est Victor Hugo. Ce n’est pas facile, il blogue comme un Dieu. Je l’entends, taper frénétiquement « Waterloo, Waterloo, Waterloo, Morne plaine ! ». Il chantonne, il sifflote, il est content. Moi je regarde mon écran. Rien. Les courbes baissent. Mon taux de très beaux billets s’écroule comme un attaquant italien dans la surface de réparation, c’est dommage, je venais juste d’avoir une prime de série."


"Il fait si chaud que les vitres gondolent... dehors le monde est tout changé. Ou peut-être que c'est moi..."


"(...) il y a des volets que je ne comprends pas. C’est tout ce qui tourne autour des différentes tendances au sein du PS. Mon seul but de blogueur (à la limite de l’influence de PMA !) et de citoyen (à la limite de portée de ma voix dans les bistros !) est de faire en sorte que les socialos reprennent les rênes des affaires de l’état pour une société plus juste et une économie qui marche.

Ainsi quand je vois les Mélanchonistes (par exemple) critiquer les Strauskahnien (par exemple) parce qu’ils portent des caleçons à rayure alors que les caleçons à poids sont beaucoup plus jolis, je trouve toujours qu’ils le disent trop violemment et que ça passe pour une insulte, une grave critique."


"Nue comme un ver, précautionneusement étendue sur moi, pour respecter la fragilité de mon corps, nos deux sexes moites et repus en contact l’un avec l’autre, les jambes enlacées, étendues elles aussi, en travers du lit, elle a chuchoté dans mon oreille : « je m’allongerai à coté de toi et j’attendrai que ça passe. Tout passe, même la mort »."

Eric Chevillard :

"Simulant un malaise, je m’effondrai tout d’une pièce dans les herbes hautes de mon jardin. Mes gémissements ne tardèrent pas à attirer la Mort qui toujours rôde aux alentours. Comme elle se penchait sur moi avec concupiscence, je me relevai d’un bond et pris la fuite en zigzaguant ; elle se lança à ma poursuite, enragée, donnant devant elle de grands coups de faux : mon jardin sauvage fut bientôt net comme un gazon anglais ; puis je congédiai sans façons la moissonneuse lorsqu’elle refusa de mettre l’herbe en bottes."


"Ce qui m'arrête à chaque fois, finalement, c'est de m'être interrompue.

Je me souviens de ces moments dramatiques et pénibles où, assise petite fille au piano pour dérouler une invention de Bach ou bien une Fantaisie de Mozart, mes doigts butaient sur une difficile combinaison mal intégrée dans leur mémoire. J'étais alors incapable de "sauter" et passer à la suite, et devais plutôt reprendre dès le début avec le risque d'avoir surtout mémorisé le blocage au même endroit, invariablement.

Je suis faite pour la course de fond : ne pas s'arrêter surtout et continuer sans relâche."

Lib :


"Les phrases de Julien Gracq s’enroulaient autour de moi, une par une, belles, impénétrables pour la plupart. A la page 42, je me sentis étouffer. J’eus beau me moquer un peu, rebondir à coté du sens comme une charmante idiote, la voix de mon homme semblait ne plus pouvoir s’interrompre. Une litanie exaltée, voilà ce que je subissais, alors que d’autres femmes dans d’autres lits, s’endormaient paisiblement après avoir joui une fois, deux fois, trois fois. Misérable injustice.

A la page 54, je relevai ma nuisette et m’assis sur sa bouche, pour qu’il se taise. Juste pour qu’il se taise.

Et il se tût."

Illustration : Art and Ghosts