dimanche 23 septembre 2007

Nymphe

Discussion du dimanche :

Lui : Tu écriras lorsque Zozo sera chez Urszula ?
Moi : Hum, en ce moment je n'y crois plus. Il y a eu des périodes où j'étais satisfaite de mon existence, parce que j'avais l'impression de réaliser tous mes rêves d'enfant : je chantais, j'écrivais, j'avais de grands projets dans ces deux domaine, sans parler de mon bonheur en amour... Aujourd'hui il me semble que je n'arrive à rien... même l'amour me semble parfois ardu, épuisant.
Lui : Je crois que tu n'as pas compris le fonctionnnement des blogs... Tu n'auras jamais aucun lecteur si tu ne publies pas régulièrement !
Moi : Oui et quand je serai sur le point de mourir je me dirai "j'ai de quoi être fière, j'ai écrit dans des blogs !"
Lui : Ce que tu es NE-GA-Tive comme fille !

Il en a profité pour ajouter, qu'en m'écoutant commenter avec Zozo, des dessins animés que nous regardions ensemble, il avait noté que je signalais toujours ce qu'il y avait de triste : "Oh, il s'est fait un bobo Trotro ! Il pleure ! " etc. J'ai protesté. Je crois que c'est faux mais le doute s'est insinué et ce soir je pense être une mère aussi pitoyable que la chanteuse que je suis devenue, fatigant au bout de 45 mn de vocalises parce qu'elle ne s'astreint plus à chanter tous les jours.

Les choses ne se sont guère arrangées.
De temps en temps, on se croit tiré d'affaire ; parfois j'exulte , gonflée d'orgueil comme dans un jabot pourpre : je ne suis plus la même qu'enfant. Je suis une autre. Et je toise, de loin, celle que j'ai supporté longtemps, trop timide, embarrassée, godiche, trouillarde, si désireuse de se faire aimer qu'elle faisait fuir ses camarades. Bon débarras ! Jamais plus je ne distribuerai à des gens qui ne m'inviteront pas à leur prochaine boum, tout le gâteau que j'ai fait en E.M.T !

Mais pourquoi apparait-elle, cette fille à la voix tremblotante, tandis que je discute avec n'importe quelle autre mère de n'importe quel sujet concernant nos enfants, assise au bord du bac à sable ? Comment se fait-il que quel que soit le sujet abordé, je finisse par avouer "tu as raison, je crois qu'il faut que je fasse autrement !"

Plonger en soi-même comporte des risques. J'ai envie de m'immerger dans mon lit et de n'en pas ressortir jusqu'à la fin des temps. Je réalise que je n'ai pas mué, que je suis prisonnière de ma chrysalide. Je ne fais plus de gâteaux, de peur d'être tentée de les distribuer mais je gaspille mon temps libre, je brade mes désirs, j'oublie mes rêves.

1 commentaire:

Kaleidos-coop a dit…

C'est le premier pas non? de prendre conscience de soi...

Ash