A onze heures, sur Le plafond, apparaîtra un billet de Marc Calvet à qui j'avais demandé de rédiger un texte sur le thème "bloguer à la campagne". C'est une visite douce et belle que je me réjouis d'avoir...Bonne lecture !
A onze heures, sur Le plafond, apparaîtra un billet de Marc Calvet à qui j'avais demandé de rédiger un texte sur le thème "bloguer à la campagne". C'est une visite douce et belle que je me réjouis d'avoir...
Un jour, je l'ai vu traverser la cour et j'ai décidé de l'aimer. C'était un Terminale A3, option arts plastiques qui s'appelait Philippe, portait un anneau à chaque oreille, un Perfecto et des jeans dont les déchirures laissaient entrevoir les cuisses velues. Brun, les joues percées de fossettes, il posait parfois sur moi, sans y penser, un regard morne que je trouvais poignant. De ses grands cartons à dessins s'échappaient des liasses couvertes de peinture noire et blanche. Il arrivait qu'il porte une guitare à l'épaule. Il savait exhaler des ronds de fumée parfaits et il était un des seuls garçons du lycée à embrasser ses amis au lieu de leur serrer la main.
Point de "Blogs et..." car le chroniqueur du jour a été excusé. Voyant mon désespoir hier, mon époux m'a proposé de rédiger un impromptu... C'est en cours !
Les semaines suivantes je les ai passées dans la moiteur de la salle de bain. Je ne supportais mon existence qu’immergée dans la baignoire, entourée des quatre murs blancs. Mes bras flottaient à la surface, mes cheveux se trempaient. Je regardais mes jambes briller sous l’eau comme de curieux poissons, longs, blêmes, amorphes. L’eau chaude coulait sans discontinuer et, le visage perdu dans les vapeurs, je finissais par ne plus distinguer les contours de la pièce immaculée de ceux de mes pensées.
Novembre a été pendant des années un mois maudit. Le changement d’heure effectué, je commençais à ressentir l’effet d’un compte à rebours, amalgame de sensations, de souvenirs, de cauchemars qui me menait inéluctablement au vingt novembre, jour de la mort mon père, en 1989. Aujourd’hui je suis capable de dire qu’il y a eu un avant et un après sa mort. A l’époque il me semblait que ma vie s’était achevée, en même temps que la sienne, sur le coup, dans un accident de voiture.
Je l'imagine cachée dans un recoin de leur appartement, recroquevillée, l'œil aux aguets ; sans doute, elle profite de ce que son mari est sorti fumer une cigarette pour me téléphoner. Son accent délicat rend sa diction un peu molle, ses atermoiements m'embarrassent, j'ai du mal à concevoir qu'elle ne soit pas un peu responsable de la situation : Je ne peux pas aller plus d'un week-end par mois à Paris, me dit Eugenia. Or, nous avons deux concerts à organiser ensemble.
Au plafond, Spermy, avec son style décapant, son impertinence jubilatoire, va parler des blogs et des filles...
Ce sera à 11 heures.
J'ai hâte de lire vos commentaires !
Photo : Spermito
Hier j'ai reçu une bombe dans ma boîte mail. "Voici, m'écrivait Paul de Wikio, le classement des 20 premiers au classement littéraire... Voulez-vous le publier sur votre blog ?"